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Tarot en Ligne

Tarologie, Le tirage du Tarot

L’étude de la lecture couplée est primordiale pour une juste compréhension  des arcanes choisis lors d’un tirage ; en effet, le placement des arcanes peut changer, de manière radicale, le sens de leurs illustrations.  Si nous comptabilisons les couples possibles des arcanes majeurs, nous obtenons deux cent cinquante trois duos. Il nous est, bien entendu, impossible de décrire toutes leurs significations, cet ouvrage se proposant telle une initiation et non comme un enseignement théorique complet, une grande humilité étant indispensable devant le monument que représente l’étude de la signification des cartes du tarot. Il est à préciser que le chapitre à venir n’est qu’une ébauche, une infime partie des lectures possibles et que seule une étude théorique complète, relayée par une pratique assidue encadrée par des professionnels peut dissiper  les mystères de ces illustrations et en retranscrire la plus juste interprétation.

Nous étudierons donc, dans un premier temps, les couples les plus évidents des arcanes du jeu de tarot, à savoir, les duos de même valeur numérique des deux séries décimales : 1 et 11,2 et 12,… Rappelons-nous, lors de l’étude précédente des arcanes majeurs, leurs liens étroits, leurs parts communes de mystère, raison pour laquelle une approche de leurs différentes significations lors d’un tirage est un sujet indispensable sur le chemin de la maîtrise de la lecture tarologique.

Suite à l’étude des arcanes majeurs, nous avons pu remarquer certains « duos » évidents, duos régis, dans un premier temps, par la dualité des principes féminins et masculins (exemple : « le pape-la papesse »), mais aussi par le lien indéfectible  de certaines entités essentielles au principe de vie, illustré notamment  par le couple « la lune –le soleil ».

En suivant, nous nous intéresserons aux duos formés par les cartes illustrant des figures humaines, telles L’impératrice ou Le Pendu. Dans le chapitre premier, nous nous sommes efforcés de considérer le tarot comme une entité, comme un tout ou rien ne peut se dissocier. En effet, le principe de vie s’appliquant aux lois régissant les codes illustratifs du tarot, il est inconcevable de ne pas s’attarder sur le chiffre 21, ce tout synonyme de réalisation totale, de fin de cycle. Si nous acceptons la comparaison entre la réalisation totale initiée par le dernier arcane majeur ( carte XXI LE MONDE ) et la fin de notre propre cycle de vie, il est juste de faire un lien entre l’étape, signifiée dans le jeu de tarot par l’arcane choisi et le résultat, le but, mis en exergue par cet ultime arcane . En nous reposant sur ce principe, nous étudierons également les couples dont la somme des numéros de leurs arcanes équivaut à  21, chiffre divin dans la conception tarologique.

L’initiation à la lecture tarologique de ce chapitre ne saurait être complète sans l’ajout de la lecture d’une troisième carte, point de jonction entre ces images parallèles définies par le couple initiant l’Histoire.

LES DUOS DES DEUX SERIES DECIMALES

Les deux séries décimales sont composées chacune de dix degrés. La première série rassemble les arcanes de I à X et la seconde, les arcanes numérotés de XI à XX. Ces arcanes, pourtant si différents ont un lieu de parenté défini par leur degré. Nous pouvons parler de couple, le choix de ce mot mettant en exergue leurs apparentes différences mais également leurs non moins évidentes,  mais pourtant réelles, complémentarités. Nous pourrions représenter chacun de ces dix duos comme autant de yin et de yang, symbole de la dualité complémentaire pour arriver à un tout, un phénomène d’équilibre parfait. En effet, dans la première série décimale, les arcanes sont largement représentés par des figures humaines, la seule exception étant l’arcane X La roue de Fortune. Cette première série est donc en lien intime avec le réel, relative aux forces terrestres, aux conceptions matérielles. Inversement, dans la seconde série, les illustrations des arcanes représentent des figures oniriques, empreintes de mysticisme et d’influences astrologiques et divines, mettant en exergue le chemin de la spiritualité, la profondeur de la psyché et les chemins sinueux à gravir avant d’atteindre la réalisation totale. En analysant et en sondant la plus juste interprétation de ces couples, nous comprendrons leurs forces, leurs complémentarités indissociables, leurs énergies qui, tels des vases communicants, nous font emprunter le chemin de la découverte de soi.

I LE BATELEUR. XI LA FORCE

LES DEUX COMMENCEMENTS

Le bateleur est celui qui initie la quête de la grande réalisation. Il possède les connaissances nécessaires pour atteindre son but, mais, son manque d’expérience dresse devant lui des barrières chimériques.

La force symbolise le début de la créativité, la montée de la spiritualité, la maîtrise de la puissance sexuelle. Le bateleur, armé de sa soif de connaissances, apporte l’énergie spirituelle  nécessaire à l’action initiée par l’arcane La Force ; de son côté, La Force apporte sa puissance sexuelle et créative au Bateleur. Le Bateleur, comparable à la solidité de la terre est indispensable  à La Force pour que celle-ci ne se laisse pas dévorer par ses passions, et trouve l’équilibre indispensable à la portée de son action. Parallèlement, le Bateleur, représenté tel un troubadour, peut, sans la force, se perdre dans des conceptions métaphoriques, voire oniriques, cela mettant en échec toute réalisation concrète dans le monde réel.

II LA PAPESSE. XII LE PENDU

GESTATION ET INTERIORITE

Ce degré nous renvoie à l’accumulation, la gestation illustrée par La Papesse cachant son œuf, la réflexion avant de prononcer le début de l’action. La Papesse, riche de ses connaissances est cloîtrée, elle est en attente ; Le Pendu, lui, s’ouvre à une nouvelle conscience, définie par sa position dans l’illustration. Cependant, ses pieds et ses poings liés l’empêchent d’articuler sa nouvelle conscience sur un axe pratique, il est lui aussi dans l’attente. Sans l’énergie du Pendu, cette énergie capable de laisser toutes ses connaissances en arrière et de se pencher sur de nouvelles théories, La Papesse pourrait sombrer dans le dogmatisme et disséminer des connaissances théoriques sans en avoir eu la preuve pratique . Au contraire, l’austérité de La Papesse apporte au Pendu  la force et le courage nécessaire pour ne pas sombrer dans l’immobilisme et la paresse.

III L’IMPERATRICE. XIII L’ARCANE SANS NOM

ECLATEMENT CREATIF ET DESTRUCTEUR

Ce degré représente l’éclatement, l’action pure mais, par manque d’expérience, cet éclatement peut également devenir destructeur, manquant de bases solides pour rayonner de sa candeur enfantine. L’Impératrice représente le premier éclatement, initié sans but précis : c’est la création pour la création tandis que l’Arcane Sans Nom, ce squelette labourant le sol de sa faux, symbolise la révolution interne. Il nettoie le passé, pareil à l’hiver recouvrant le sol de neige, l’imperméabilisant de toutes semences mais, cependant, galvanisant la terre de nutriments indispensables afin que la prochaine récolte soit flamboyante. L’Arcane Sans Nom, représentatif du principe de destruction, apporte à L’impératrice le régulateur nécessaire à ses créations infinies. Sans lui, l’impératrice se perdrait  dans des réalisations excessives et cela pourrait conclure à une surpopulation, une épidémie, la famine, … Au contraire, sans le principe créatif évoqué par L’Impératrice, le travail de révolution totale de L’Arcane Sans Nom perd tout son sens, telles des graines ensemencées sur un sol appauvri par les dérives humaines, déjà mort.

IIII L’EMPEREUR. XIIII TEMPERANCE

SECURITE AU CIEL ET SUR LA TERRE

Ce degré évoque la stabilité, illustrée par la position de L’Empereur sur son trône. Il a atteint un équilibre matériel respectueux, il n’est en aucun cas dans la lutte ou l’attente, il jouit de son statut mais sait que celui-ci n’est pas une fin en soi, elle permet l’initiation au prochain degré, relative aux questionnements spirituels. Tempérance, son double dans la série décimale supérieure, évoque la conscience spirituelle, sa juste compréhension ; l’ange, cette figure onirique illustrant l’arcane symbolise la protection, la foi en l’action. Tempérance apporte à  L’empereur  une soif accrue d’élévation spirituelle. Sans elle, L’empereur, équilibré, responsable de son domaine et des siens, pourrait se transformer en tyran, un être faisant passer aux premiers plans ses désirs et se jouant de la situation d’autrui. Tempérance, quant à elle, a besoin de cette stabilité ancrée dans le réel évoquée par L’Empereur ; sans lui, elle reste une figure onirique, un spectre dépourvu de pouvoir, le miroir de l’irréalité incarnée.

V LE PAPE. XV LE DIABLE

LA TENTATION SOUS TOUTES SES FORMES

Le degré 5 évoque la tentation, une volonté nouvelle incarnée par un désir soudain de changement. Le Pape est l’archétype de l’entrée dans le monde spirituel tandis que le Diable est le catalyseur de nos pulsions les plus sombres, mettant en exergue notre infinie animalité, ne répondant qu’à l’instinct le plus primaire. Ces deux arcanes pourraient représenter les notions de bien et de mal et leur intime relation indissociable, coupant court à tout manichéisme avilissant enfermant ces deux entités dans des conceptions enfantines et totalement dépourvues de pensées abouties. Le Pape est ainsi nécessaire au Diable pour que celui-ci ne sombre pas dans les pires folies de l’esprit humain tandis que le diable pousse le dogmatisme du bien pensé dans ses retranchements, l’obligeant à inclure la nature propre de l’individu, vêtu de ses conceptions les plus archaïques, dans sa portée hautement spirituelle.

VI L’AMOUREUX. XVI LA MAISON DIEU

APPARITION DU PLAISIR

Ce degré est le premier  de la partie ciel. Il représente le plaisir ; enfin, après le travail fastidieux et les changements amorcés dans le degré précédent, les graines ensemencées refleurissent sur le sol labouré laissant place à la plus belle des roses, celle de l’amour. Ici, il est uniquement question de plaisir. L’arcane L’Amoureux évoque un jeune homme en proie à de multiples possibilités amoureuses, mais l’ange, veillant sur lui comme une mère, l’aidera à prendre les bonnes décisions. Dans la maison Dieu, nous assistons à une scène représentant la libération de la joie ;  les personnages s’ébattent dans une danse folklorique, telle une transe résultant de l’énergie accumulée dans les degrés précédents. La maison Dieu apporte à L’amoureux l’ouverture nécessaire pour que la passion qu’il évoque ne tourne pas à l’obsession, ce qui pourrait amener à un processus de destruction psychologique. Au contraire, L’amoureux apporte à la maison Dieu l’union nécessaire à l’épanouissement de la vie émotionnelle. Sans lui, l’arcane de la maison Dieu, trop enclin à une ouverture laissant une place à la fuite, au désintérêt, risque de se perdre et, par delà, d’initier la fin irréversible de la relation.

VII LE CHARIOT. XVII L’ETOILE

ACTION DANS LE MONDE

Ce degré symbolise l’étendue de l’action personnelle au monde. Le Chariot initie le début de la grande réalisation totale, il étend ses capacités créatives infinies au monde. C’est un degré symbolisant le partage des connaissances, la générosité enfin rendue aux forces de la nature. Le Chariot, tel un engin de guerre, se met en route sur le chemin sinueux de la grande réussite, tandis que L’Etoile, symboliquement, rend aux forces terrestres son illumination céleste. Elle ensemence le sol d’un liquide nourricier, inséminant de ses conclusions spirituelles la vaste étendue du monde. Le Chariot a besoin de l’Etoile, il lui insuffle son énergie douce, tranquille, empreinte de la sérénité acquise de ses expériences. Parallèlement, le Chariot dispensera à l’action de l’Etoile sa force active, guerrière, masculine.

VIII LA JUSTICE. XVIII LA LUNE

VISAGES DE LA PERFECTION

Ce degré représente la perfection, un état ou tout s’équilibre, un état de béatitude absolue. La Lune, astre céleste reflétant, par sa lumière, la chaleur, la vie que le soleil insuffle sur le monde, est animée par sa profonde réceptivité. La Justice, immuable, régit les lois et entend qu’elles soient respectées. Comment ces deux entités, objectivement très différentes, peuvent- elles s’unir dans la lecture tarologique ? La lune régit les principes universels, les marées, la nuit, tandis que la Justice représente les principes humains. C’est ici que nous trouvons leur point de jonction. La Lune apporte sa réceptivité sans limite à la Justice, la rendant plus humaine, plus tolérante ; la Justice, quant à elle, charge la Lune de réalité, l’empêchant de se perdre dans les profondeurs abyssales de l’âme : la folie, les angoisses, …

VIIII L’HERMITE. XVIIII LE SOLEIL

CRISE ET REGENERATION

Dans ce degré-ci, c’est l’évocation du dépassement. L’état de perfection, certes rassurant, ne suffit plus ; il est venu le temps de l’ultime évolution afin d’atteindre le stade de complète réalisation. L’Hermite, s’éclairant de la lumière de ses connaissances part sur le chemin incertain de l’évolution finale ; il se met en danger mais il n’a pas peur, il sait que le chemin sera abrupt, mais il possède les facultés totales pour mener à bien sa révolution. Le Soleil, quant à lui, rayonne de sa force, il irradie la joie, la puissance, le feu nécessaire à l’action déterminante au processus de réalisation complète. Le Soleil est indispensable à l’Hermite pour que celui-ci ne se laisse pas sombrer dans l’individualisme, afin qu’il puisse continuer à dispenser ses connaissances à autrui. Cependant, à son tour, l’Hermite est nécessaire au Soleil afin que celui-ci puisse recentrer son énergie sur lui-même et ne se laisse pas éteindre par la potentielle négativité alentour ; le Soleil, grâce à l’individualité de l’Hermite, peut continuer à dispenser la chaleur indispensable à tout principe de vie.

X LA ROUE DE FORTUNE. XX LE JUGEMENT

CE QUI COMMENCE FINIT

Ce degré correspond à celui de réalisation totale ; le cycle de vie est terminé et un nouveau est déjà en marche. La roue de fortune évoque le passage entre les valeurs matérielles, terrestres, indispensables à toutes actions (en attestent les personnages « humains » illustrant les arcanes de la première série décimale) et l’épanouissement des grandeurs de l’âme mis en exergue par la série décimale supérieure, se concentrant sur l’élévation intellectuelle et spirituelle. Le Jugement incarne, lui, la fin du cycle de la quête spirituelle ; arrivé à ce stade, tous les fondements indispensables à une vie riche et épanouie sont enfin rassemblés.  Le Jugement amène l’impulsion salvatrice à La Roue de Fortune pour que celle-ci s’élance de nouveau, ne stagne pas dans un immobilisme aliénant toutes formes d’évolutions ; La Roue de Fortune, quant à elle, symbolise le chemin de l’être, ancre le désir profond du Jugement dans la réalité terrestre, le poussant à plus de tolérance, de compassion.

LES COUPLES DU TAROT

PLUSIEURS VERSIONS DE LA RELATION HOMME-FEMME

Après avoir étudié le tarot et, plus précisément, les arcanes de celui-ci, nous pouvons noter l’extrême égalité entre les représentations féminines et masculines. Le tarot, datant du moyen-âge, reconnaissait à son époque la complémentarité de l’homme et de la femme pour accéder à un équilibre menant à la grande réalisation. Il n’est pas question de dualité, mais de complémentarité essentielle.

Cette complémentarité est, dans un premier temps, mis en exergue par les notions de réceptivité et d’activité, propre au jeu de tarot. Rappelons-nous, dans l’arcane Le Monde, symbole de la relation totale, les deux objets tenus par la femme centrale ainsi que les quatre animaux s’organisant  aux quatre coins de l’arcane. Ensuite, dans les arcanes mineurs, les principes féminins et masculins sont représentés par les reynes et les roys.

Au sein des arcanes majeurs, Le Pape trouve son alter égo dans la Papesse, et L’empereur dans l’Impératrice. Nous remarquons aussi les deux entités féminine et masculine propre au yin et au yang que sont la Lune et le Soleil. Cependant, d’autres couples, moins évidents, apparaissent lorsque nous détaillons leurs caractéristiques physiques : le Bateleur et la Force, par la forme de leurs couvre-chefs similaires, peuvent former un duo ; le chariot et l’Etoile, initiant tous deux l’action dans le monde, mais aussi Le Mat et Le Monde, symbolisant réciproquement le commencement et la fin du cycle.

Nous étudierons donc ici les couples suivants :

Le Mat et Le Monde (XXI)

Le Bateleur (I) et La Force (XI)

*Les couples du Bateleur avec les autres arcanes féminins

*Les couples de La Force avec les autres arcanes masculins

     - La Papesse (II) et Le Pape (V)

               * Les couples de La Papesse avec les autres arcanes masculins

               * Les couples du Pape avec les cartes féminines restantes

      - L’Impératrice (III) et L’Empereur (IIII)

               * Les couples de L’Impératrice avec les cartes masculines restantes

               * Les couples de L’Empereur avec les cartes féminines restantes

       - Le Chariot (VII) et L’Etoile (XVII)

               * Les couples du Chariot avec les cartes féminines restantes

               * Les couples de L’Etoile avec les cartes masculines restantes

       - La Justice (VIII) et L’Hermite (VIIII)

               * Les couples de la Justice avec les cartes masculines restantes

               * Les couples de L’Hermite avec les cartes féminines restantes

       - La Lune (XVIII) et Le Soleil (XVIIII)

LA RELATION DE COUPLE LE MAT – LE MONDE (XXI)

ORDRE LE MAT-XXI

Ces deux arcanes représentent le commencement et la fin, entre lesquels tous les chemins de vie sont possibles. Le Mat insuffle l’énergie créatrice, nous poussant à ouvrir la voie du grand chemin de réalisation. Celui-ci, installé du côté gauche de la carte Le Monde,  marche du coté actif, vers cette femme symbolisant la réalisation totale. Lors d’un tirage, cette allégorie est de très bon augure : le succès est au bout du chemin, toute création d’entreprise prend naissance sous les meilleurs auspices. Si le mât était seul,  la créativité qu’il incarne resterait vaine ; sans but, l’énergie n’est rien.

ORDRE XXI-LE MAT

Si ces deux cartes maîtresses s’organisent de cette manière lors d’un tirage, nous nous retrouverions alors avec deux entités, cependant puissantes, mais, à ce jour, littéralement vidées de leurs énergies. Le Mât marche sans but, tournant le dos à la grande réalisation : il se perd. Il s’écarte de sa vérité et le chemin qu’il entreprend ne le mènera qu’à la frustration et aux remords,… Parallèlement, l’arcane Le Monde est tourné vers le côté réceptif mais ne peut rien recevoir, il lorgne le passé et refuse de considérer la vie présente. Dans un tirage, ce duo orienté de cette manière peut représenter  le consultant, incapable de faire table rase du passé et se perdant dans les profondeurs d’anciennes blessures.  Cette configuration peut aussi représenter un couple ou les deux protagonistes regardent chacun dans une direction opposée, évoquant tous deux le désir de faire cavalier seul. Ce duo présente aussi un possible enfermement, relatif à la femme enfermée dans son cercle de laurier bleu, ou bien encore à un accouchement difficile, voire traumatisant.

QUAND DEUX CARTES RENCONTRENT LES AUTRES

LE MAT

Cet arcane représente l’énergie créative sans limites ; rien ne peut l’arrêter, il marche d’un pas décidé vers son destin. Cette entité ne peut représenter un duo, mais son choix lors d’un tirage deux par deux  appuie la signification de la seconde carte. Le Mat insuffle l’action, la couvrant de réussite si celui-ci regarde la seconde carte. Cependant, s’il lui tourne le dos, la signification est toute autre : l’énergie se perd et l’action à venir s’annonce laborieuse. Si la seconde carte tirée, à ses côtés, est une figure féminine, elle lui apporte la complémentarité nécessaire menant à un état d’équilibre ouvrant la voie de la réussite. Si le positionnement des cartes met Le Mat dans une dynamique d’éloignement de la figure féminine, il sera important que la troisième carte tirée soit une figure masculine, afin d’équilibrer la situation dépeinte dans le tableau précédemment étudié.

LE MONDE

Cet arcane symbolise la totalité des actions évoquées par les autres arcanes. Cette carte, caractérisée par la présence d’une femme centrale est profondément réceptive et, associée lors du tirage à une carte masculine, leur combinaison représente la réalisation complète, à la condition que le visage de la femme de la carte Le Monde regarde la figure masculine. Si le Monde regarde dans le néant, cette projection symbolisera des difficultés à surpasser pour atteindre l’état de symbiose parfait décrit par l’ultime arcane du jeu de tarot. Dans ce cas de figure, le tirage d’une troisième carte déterminera l’action menant à l’arcane XXI Le Monde.

LA RELATION DE COUPLE LE BATELEUR-LA FORCE

ORDRE I-XI

Ces deux cartes représentent le commencement de chacune des deux séries décimales. Le Bateleur, plein de ses connaissances intellectuelles  et La Force, prête à faire rejaillir sa créativité artistique, évoquent deux entités aux dispositions et désirs similaires, similitudes caractérisées symboliquement par leurs chapeaux presque identiques. Dans cet ordre, cette combinaison renvoie à l’approfondissement des connaissances, poussant à une action maîtrisée. Ce duo peut symboliser deux personnes au début de l’action dans laquelle elles s’élancent.

ORDRE XI-I

Dans cette position, nos deux personnages se regardent, se jaugent. Chacun tente d’influencer l’autre de ses connaissances, qui, pourtant, à ce stade, sont encore à approfondir. Cette combinaison représente deux êtres trop sûrs d’eux, essayant d’étendre leurs idées à autrui sans eux-mêmes n’en avoir validés la pratique s’y rapportant. Nous pourrions ancrer cette allégorie dans le réel en l’associant à deux pratiquants religieux, à l’aube de leur apprentissage, essayant de faire du prosélytisme et d’avancer des idées qu’ils ne maîtrisent pas dans leur totalité.

LES AUTRES COUPLES DU BATELEUR

LE BATELEUR ET LA PAPESSE

ORDRE I-II

Ce duo positionné de cette manière caractérise un jeune homme, brûlant de désir mais manquant cruellement d’expérience, faisant la rencontre d’une femme mûre, emplie de ses connaissances et expériences passées. Lui, de par sa fougue caractérisée par sa jeunesse, insuffle à La Papesse la volonté énergique de relancer le processus de création ; nous pourrions imager cette hypothèse comme un retour à la lumière de La Papesse qui est dans un processus d’attente, de repli sur elle-même. Les deux personnages s’apportent réciproquement ce qu’ils leur manquent ; l’énergie revient, la créativité peut à nouveau exploser.

ORDRE II-I

Orientées ainsi, ces cartes représentent La Papesse se positionnant comme une initiatrice, enfermant Le Bateleur dans un rôle d’enfant ; lui, la considère comme une mère toute puissante, castratrice. Elle ne lui permet pas de réellement être lui-même : il n’est que le miroir énergique de ses connaissances.

LE BATELEUR ET L’IMPERATRICE

ORDRE I-III

Ce couple représente encore une fois un jeune homme accompagné d’une femme mûre, riche de ses connaissances, représentée par L’Impératrice. Le Bateleur, dans ce couple, est libre, il ne dépend pas de l’Impératrice bien que celle-ci lui apporte une sécurité. Ce couple représente l’équilibre, l’indépendance, permettant à chacun de se sentir à sa place et de se réaliser en s’appuyant sur l’autre, avec le plus profond des respects quant à l’individualité de chacun.

ORDRE III-I

Ce duo représente la soumission. Le Bateleur, encore amateur, ne peut laisser exploser son pouvoir créatif tant celui de L’Impératrice rayonne. Il n’a pas de place pour s’exprimer, se réaliser, ceci menant à un déséquilibre profond. Le Bateleur ne trouve aucun chemin d’épanouissement, il se soumet.

LE BATELEUR ET LA JUSTICE

ORDRE I-VIII

Dans cette configuration, Le Bateleur est comme un enfant devant la mère Justice. Celle-ci décide, prend des décisions, fait respecter les lois établies. Son chapeau en forme de huit nous renvoie à l’arcane de La Justice, il la porte dans son esprit, celui-ci est emplie de ses connaissances à elle. Cependant La Justice n’est pas castratrice, elle lui permet de s’individualiser, l’épée qu’elle tient pointée vers le ciel entre eux en étant l’illustration.

ORDRE VIII-I

Ici, le Bateleur admire la justice, il ne peut avancer sans son approbation, il est aveugle devant elle et absorbe tous ses enseignements, il semble comme désincarné, sans personnalité propre. La justice, elle, se met dans une position de domination excessive, elle est son miroir ; le risque de cette situation déséquilibrée est que la justice ne puisse plus être tolérante, humaine, tant l’adoration que lui porte Le Bateleur  la monte au rôle de toute puissance divine.

LE BATELEUR ET L’ETOILE

ORDRE I-XVII

Le Bateleur est actif, son énergie est immense. Au contraire, l’Etoile retransmet au monde ses connaissances, elle est profondément réceptive. Le Bateleur, plein de l’énergie universelle propagé par l’astre lunaire, retransmet celle-ci et la répand au monde, à ses actions. Cette allégorie pourrait représenter la relation d’un illustre écrivain et de son éditeur, ce dernier propageant les écrits et connaissances de son client.

ORDRE XVII-I

Cette représentation est une hérésie. Le Bateleur pense que c’est lui qui influe l’énergie à l’Etoile. Celle-ci, humble par delà ses expériences, le laisse croire tout en continuant à diffuser l’énergie venue des forces célestes. Le Bateleur est dans la négation totale, il ne peut avancer, il se berce de chimères en creusant aveuglément les sillons de l’échec.

LE BATELEUR ET LA LUNE

ORDRE I-XVIII

La Lune irradie le Bateleur de ses forces cosmiques, il travaille désormais à une œuvre hautement spirituelle. Il peut enfin réaliser ses créations les plus mystiques. La Lune, cet astre puissant, le guide et le rassure telle la lumière qu’elle émet les soirs de pleine lune. Cette illustration symbolise l’enseignement acquis d’une femme profondément supérieure (une femme thérapeute, une enseignante, …)

ORDRE XVIII-I

Dans cette configuration, La Lune représente les tréfonds de l’âme en perdition, incarnées par la folie, l’angoisse. Le Bateleur, accompagné de cette présence névrotique ne peut que se perdre, se débattre sans fin dans ce sombre océan dominé par la peur et les conflits psychiques. Cela pourrait conduire notre inexpérimenté Bateleur dans les affres de la perdition (alcool, dépendances,…).

LE BATELEUR ET LE MONDE

ORDRE I-XXI

Le positionnement de ces deux arcanes évoque l’homme rencontrant son âme sœur. Le Bateleur a percé son propre secret, la création et la grande réalisation de celle-ci est totale, incarnée par une énergie sans limites. Si, lors d’un tirage, L’Arcane Le Monde représente une femme réelle, proche du consultant, cela signifie que celle-ci incarne l’épanouissement complet que le Bateleur cherchait à atteindre jusqu’ici.

ORDRE XXI-I

Positionnés dans ce sens, ces arcanes symbolisent l’incapacité de l’homme à atteindre la réalisation totale évoquée par la carte Le Monde. Cette illustration représente deux personnes sujettes à une problématique interne de leur propre réalisation. Chacun fait rejaillir ses doutes et interrogations sur l’autre jusqu’à que chacun devienne le reflet de la négativité de l’autre.

LES AUTRES COUPLES DE LA FORCE

LA FORCE ET L’EMPEREUR

ORDRE IIII-XI

Chacun des personnages de ce couple s’entraident, se poussent à mettre en œuvre le meilleur d’eux-mêmes afin de faire éclater l’étendue de leurs potentiels. La Force, animée de sa force créative sans limites et l’Empereur, s’appuyant sur sa stabilité et sa responsabilité peuvent faire de leur action couplée le symbole de la réussite : les puissances créatives sont en pleine réalisation grâce à la stabilité financière et matérielle apportée par L’Empereur.

ORDRE XI-IIII

Ces deux arcanes, dans cette configuration se font face. Ils sont puissants et leur désir de pouvoir est sans limites. Les conflits succèdent à des épisodes de communication créative intense. Cependant, leurs personnalités enracinées dans la Terre les empêchent  d’accéder à l’entente nécessaire, principe fondateur de la réalisation commune qui les mèneraient au firmament.

LA FORCE ET LE PAPE

ORDRE V-XI

Le Pape, depuis son haut degré de connaissances spirituelles fait la rencontre d’une figure féminine, animale, ancrée dans la terre, incarnée par La Force. Celle-ci, fougueuse, ne peut se soustraire à accepter Le Pape comme un maître spirituel ; son animalité, caractérisée par un instinct exacerbé, lui interdit d’honorer Le Pape d’une confiance aveugle. En contrepartie, cette individualité la rend intéressante aux yeux du Pape : il doit arriver à la maîtriser et, par conséquent, à maîtriser lui-même la portée de ses dogmes. Ce couple prend sa source dans un échange de pensées diamétralement opposées, ou cependant, chacun comprend les bénéfices de leurs profondes différences dans la manière d’aborder leur quête commune, celle de la grande réalisation.

ORDRE XVI-V

Dans cette configuration, La Force, pleine de son énergie se contraint à suivre les dogmes érigés par Le Pape. Celle-ci s’enferme dans un avilissement d’elle-même, s’ancrant dans un état spirituel imposé. La Force ne peut s’épanouir dans sa créativité, dispenser son énergie sur le monde, elle n’est plus que le réceptacle des pensées du Pape. Cette illustration nous renvoie, dans le monde réel, à un homme dominant sa compagne de ses pensées religieuses et l’obligeant à s’y soumettre.

LA FORCE ET LE CHARIOT

ORDRE VII-XI

Ces deux arcanes sont animés d’une grande puissance créative ; l’action est déjà amorcée. Cependant, positionnés ainsi,  nous pouvons les considérer comme complémentaires ; la force, animale, gouvernée par les forces terrestres dispense son énergie du bas vers le haut, du magma terrestre jusqu’à la voute stellaire ; au contraire, Le Chariot ne se suffit plus de cette évolution individuelle et souhaite étendre son action dans le monde, il diffuse celle-ci aux êtres humains. Son action ne peut trouver grâce dans un processus horizontal qui l’enfermerait dans une réalisation individuelle ; il ouvre les fenêtres de son horizon et envoie son énergie à l’univers tout entier. Nous pourrions considérer que La Force représente le terrain ou Le Chariot rayonnera de ses connaissances, ou son action s’épanouira dans une volonté de partage absolu. Le Chariot, en retour offre la toile à son œuvre.

ORDRE XI-VII

Le prince du Chariot ne maîtrise pas ses chevaux, le conflit entre les animaux de ces deux arcanes est imminent. Nous pouvons considérer, ici, ce conflit animal comme la métaphore d’une forte attirance sexuelle, mettant en échec toute action réfléchie, de par la passion qu’elle dégage. Chacun se focalise sur son action, sans voir ce que l’autre pourrait apporter de bénéfique, de beau. Malheureusement, une telle action ne peut résulter d’une personne et c’est seulement dans le partage que ces deux arcanes pourront mener à bien leurs réalisations.

LA FORCE ET L’ HERMITE

ORDRE VIIII-XI

Ces cartes représentent deux contraires : L’Hermite délaisse son état de perfection, prêt à affronter une autre crise le propulsant dans un état de réalisation totale, il est grandit de ses infinies connaissances ; La Force, elle, bouillonne d’une énergie créative sans limites. Chacun, de manière très différente, empruntent le même chemin, un chemin certes semé d’embuches, mais profondément passionnant : celui de la grande réalisation.

ORDRE XI-VIIII

Cette configuration ou ces deux arcanes se regardent met en exergue leur profondes différences ; ils marchent cependant sur le même chemin mais ils ne peuvent accepter que chacun l’aborde à sa manière. La Force voudrait transmettre son animalité terrestre à l’Hermite tandis que ce dernier souhaite emplir l’esprit de la Force de ses connaissances passées. Cette interprétation, poussant nos deux personnages aux frontières de l’intolérance ne peut mener qu’au conflit, au désordre spirituel et intellectuel, poussant les deux entités que représentent La Force et L’Hermite aux confins de l’incohérence mentale.

LA FORCE ET LE SOLEIL

ORDRE XI-XVIIII

Ce duo, positionné dans cet ordre, est le tableau de la symbiose énergétique. La Force, puissance féminine emplit d’énergie créative et sexuelle rencontre son âme sœur, celui qui fera exploser cette énergie infinie en une pluie éblouissante. Le Soleil, quant à lui, astre céleste, dirigeant le principe de vie par la Chaleur qui le caractérise, voie dans La Force la matière de son principe de vie. Elle est celle qu’il attendait. Entre eux, rien n’est impossible et c’est un avenir brillant qui prend essor, protégé par ces deux entités.

ORDRE XVIIII-XI

La Force se détourne du Soleil, elle ne l’inonde pas d’énergie créatrice. Elle n’accepte  pas l’amour donné par l’astre céleste. Elle est pourtant en demande de cet amour, mais, au lieu de l’accueillir et de le protéger comme un enfant, elle s’en détourne et s’impose à elle-même la pire des souffrances.  Le soleil, bienveillant et projetant à tous la même lumière ne peut se défaire de La Force, il a besoin de son aide pour qu’irradie sur terre l’action, l’énergie qui l’amorce et celle qui en découle. Cette allégorie nous renvoie à une femme ayant souffert d’un manque affectif de son père, refusant à l’âge adulte l’amour que lui porte les hommes, sans en prendre pleinement conscience, continuant pourtant à le quémander.

LA RELATION DE COUPLE LA PAPESSE-LE PAPE

La Papesse évoque une femme forte, celle -ci à accumulé tant de connaissances qu’elle se définit comme une entité spirituelle intouchable. Dans l’illustration de l’arcane, souvenons-nous d’elle, cloîtrée, couvant un œuf, métaphore de ses connaissances qu’elle garde secrètement. Le Pape est nécessaire pour qu’elle inonde le monde des richesses de son esprit. Le Pape symbolise le partage, il communique l’infini savoir de La Papesse, il est l’oracle spirituel incarné dans le monde matériel.

ORDRE II-V

Dans cet ordre, ils se tournent le dos, ils se suffisent à eux-mêmes et ont dépassés les vicissitudes matérielles du monde réel. Ils n’ont aucunement besoin de se regarder pour être le miroir de l’autre. C’est une relation spirituelle, respectueuse, ancrée dans le partage et la foi. Ils agissent dans le monde, débarrassés de passions humaines et tendent à disséminer les valeurs spirituelles au plus haut niveau de leur être.

ORDRE V-II

Positionnés ainsi, ils se regardent, forment un couple centré l’un sur l’autre. Ils ne partagent pas leurs savoirs au monde et ce couple, stérile de par leur conscience spirituelle, s’enferme dans une spiritualité asphyxiante et sans but. Leurs titres, initialement, fait de ses deux êtres des vecteurs de communication universelle. Dans cet ordre, nous pouvons interpréter que ces deux entités ont définitivement quitté le monde réel pour se consacrer à leur égo, répercuté dans le regard de chacun d’eux.

LES AUTRES COUPLES DE LA PAPESSE

LA PAPESSE ET L’EMPEREUR

ORDRE II-IIII

Dans cet ordre, La Papesse trouve dans L’Empereur la stabilité matérielle indispensable afin de se concentrer à son œuvre sans se laisser envahir par des préoccupations terrestres, freinant son avancée spirituelle. L’Empereur voit en La Papesse son idéal ; l’aigle au bas de son trône évoque le désir de son élévation spirituelle. Grâce à elle, il entreprend le chemin de la connaissance céleste.

ORDRE IIII-II

La Papesse inonde L’Empereur de ses connaissances hautement spirituelles ; elle les diffusent à l’être qui règne sur le monde, cependant, L’Empereur, lui, est tourné sur sa soif de pouvoir et ne transmet pas le savoir diffusé par La Papesse. L’action initiée par La Papesse est profondément inutile, elle ne réalise pas sa vocation première tant la figure masculine de ce duo est axé sur les préoccupations terrestres et ignore la conscience spirituelle.

LA PAPESSE ET LE CHARIOT

ORDRE II-VII

Le Chariot, initiateur de l’action dans le monde, offre son énergie, son pouvoir d’étendre l’action  au monde au savoir de La Papesse ; il est l’instrument parfait de sa communication, il n’agit qu’en son nom. La Papesse, elle, trouve en cette figure une énergie incommensurable, parfaite pour propager ses valeurs spirituelles au monde entier.

ORDRE VII-II

Dans cet ordre, Le Chariot utilise les connaissances de la Papesse pour rayonner, prendre le pouvoir  dans le monde en usant des théories religieuses et spirituelles de La Papesse. Ce duo peut également représenter une femme de pouvoir, exerçant dans l’ombre,  donnant les moyens nécessaires à un homme de réaliser une action à dimension universelle.

LA PAPESSE ET L’HERMITE

ORDRE II-VIIII

 Ce duo représente deux personnages hautement ancrés dans la spiritualité. Cette relation n’est pas passionnelle, aucune sexualité n’est possible dans cet accord. L’Hermite, riche de ses connaissances intellectuelles et spirituelles prend le chemin de l’ultime révolution. La Papesse, elle, ne peut se résoudre à cela, ce qui l’obligerait à s’ouvrir au monde, à initier l’action ; elle sait cependant que l’Hermite incarne son avenir.

ORDRE VIIII-II

Dans cette configuration, L’Hermite est retenu par La Papesse, elle l’empêche de se mettre sur le chemin de sa révolution finale, elle se nourrit de lui, il la rassure. Cette relation tend à s’équilibrer par ce que ces deux personnages s’apportent mutuellement. L’Hermite donne à La Papesse la force nécessaire à l’élévation finale de sa spiritualité ; lorsque ses connaissances arriveront à son firmament, elle pourra enfin faire cavalier seul, se plonger dans le monde et ainsi laisser L’Hermite reprendre sa route individuelle.

LA PAPESSE ET LE SOLEIL

ORDRE II-XVIIII

Cette configuration est bénéfique au monde. En effet, Le Soleil, ce père astral, trouve en La Papesse  celle qui diffusera sa chaleur, son savoir au monde ; parallèlement, pour La Papesse, Le Soleil évoque Le Divin, l’amour qu’elle lui porte est inconditionnel. Le Soleil, par son énergie universel et son pouvoir divin permet à La Papesse de se défaire de sa rigueur légendaire ; grâce à lui, elle peut enfin se montrer au grand jour et diffuser ses connaissances, laissé l’œuf qu’elle couve enfin éclore.

ORDRE XVIIII-II

Le regard de La Papesse est tourné vers Le Soleil : il incarne son idole, elle ne peut se défaire de lui et s’enferme dans cet amour extatique. Dans ces conditions, elle ne peut insuffler à autrui les grandeurs de son savoir tant son cœur et son esprit sont tournés vers l’objet de son adoration.

LES AUTRES COUPLES DU PAPE

LE PAPE ET L’IMPERATRICE

ORDRE III-V

Ces deux figures sont complémentaires ; L’Impératrice symbolise le pouvoir créatif dans l’intégralité des domaines humains : sexuel, intellectuel, artistique et matériel. Son énergie est sans limites et, grâce au Pape, elle peut étendre le champ de ses connaissances en vouant son énergie sans bornes à son apprentissage spirituel : elle devient son disciple. Le Pape, de son côté, se sert de l’énergie insufflé par l’Impératrice  pour se ressourcer.

ORDRE V-III

Ici, L’Impératrice ne peut se résoudre à devenir l’élève du Pape et donc à accepter son état d’infériorité, elle veut qu’il la considère comme son égale, ceci pouvant générer des conflits tant le caractère de ces deux personnages sont forts. Le Pape se détourne de l’enseignement qu’il transmet au monde pour se consacrer à l’élévation spirituelle de l’Impératrice. Si les conflits générés par le pouvoir spirituel du Pape sur L’Impératrice tendent à s’apaiser, ils pourront trouver en eux la force d’aligner leurs connaissances et donc de rayonner dans tous les domaines du savoir.

LE PAPE ET LA JUSTICE

ORDRE V-VIII

Dans cet ordre, Le Pape rencontre son idéal féminin. La Justice, symbole de perfection et d’équilibre, se transforme ici en disciple, Le Pape laisse son rôle d’enseignant pour se soumettre aux volontés incarnées par La Justice. Il la vénère tel Le Divin qui lui a légué tous ses enseignements. Le Pape communique au monde les valeurs et les lois de La Justice. Cette allégorie, dans le monde réel, pourrait représenter un homme et une femme, tous deux ayant atteints une maturité intellectuelle et spirituelle, s’exerçant à communiquer leurs savoirs fondamentaux à l’humanité toute entière.

ORDRE VIII-V

Ici, Le Pape rayonne des connaissances de La Justice. Celle-ci reste dans l’ombre, cette situation lui convient ; La Justice n’a pas d’égo, seul lui importent que les valeurs qu’elle transmet soient entendues et respectées.

LE PAPE ET L’ETOILE

ORDRE V-XVII

Ce duo symbolise la symbiose parfaite et totale entre les forces célestes et les forces spirituelles. Le Pape reçoit de l’Etoile ses connaissances universelles et celui-ci lui transmet son savoir spirituel. Le Pape est le médiateur entre le monde terrestre et le monde stellaire ; le pont entre les énergies créatives et matérielles et les énergies intellectuelles et spirituelles. Dans cet ordre, Le Pape reste ancré dans le monde réel, diffusant l’énergie cosmique de l’Etoile. Ils forment un couple uni par le partage ; l’Etoile est consciente de la nécessité du Pape, incarnant le monde réel et ses problématiques matérielles, quant à son travail d’illumination totale. Tels des vases communicants, ils s’enrichissent l’un l’autre et disperse sur le monde la paix universelle.

ORDRE XVII-V

Cet ordre représente les deux personnages  se tournant le dos. L’Etoile agit seule, disséminant ses apprentissages cosmiques à la terre ; Le Pape, lui, enseigne à ses disciples son savoir spirituel. Ils s’accompagnent mais ne vivent pas leur relation telle une fusion ; bien au contraire, chacun inonde le monde de la force de son esprit de manière individuelle. Le risque serait que Le Pape essaie de faire de L’Etoile son disciple, cela générant à juste titre des conflits au vu de la liberté individuelle de cette dernière.

LE PAPE ET LA LUNE

ORDRE V-XVIII

Lu Lune évoque au Pape La mère créatrice, le miroir féminin du Divin ; lui n’est que le disciple du père créateur ; dans cette conjoncture, le Pape devient le serviteur, l’humble disciple de l’astre lunaire. Au contraire, si celle- ci évoque la folie des profondeurs de l’âme,  Le Pape se mettra en position de guérisseur et tentera de l’extraire des affres de son esprit tourmenté. Quel que soit la direction que prend cette relation, celle-ci grandira dans le respect, s’élevant au rang de compréhension universelle infinie.

ORDRE XVIII-V

Dans cet ordre, Le Pape se fait l’écho des profondeurs du savoir de La Lune. Il inonde le monde de gouttelettes symbolisant les connaissances de l’astre cosmique. Il révèlera au grand jour ce que lui délivre La Lune ; cependant, celle-ci, n’étant pas habitué à la lumière, pourrait développer un comportement introverti, source d’angoisse,  de peur de voir sa réalité transformer en dogme, en vérité universelle.

LA RELATION DE COUPLE L’IMPERATRICE-L’EMPEREUR

L’Impératrice représente la créativité sans limites. Sa créativité se déploie à tous les domaines mais elle excelle dans la diffusion de son énergie sexuelle. Son spectre, prenant appui sur son pubis, nous informe que son pouvoir est dirigé par son énergie sexuelle infinie et les pulsions qui en découlent. Le serpent, métaphore du sexe masculin, rampe à ses pieds ; elle le domine , le maîtrise complètement. L’Impératrice nous renvoie à l’adolescence ou l’énergie sexuelle se découvre, s’apprivoise et explose.

L’Empereur symbolise la stabilité ; il est responsable, règne sur son domaine, rien ne l’effraie, il est conscient de son statut, il tient son spectre à bout de bras, il n’a pas besoin de l’appuyer sur lui pour le maintenir dans cette position verticale. La couleur bleu de ses cheveux nous évoquent que, malgré sa stabilité, son assise, il entreprend  le travail d’élévation de sa conscience, le propulsant à la rencontre de l’infinie connaissance spirituelle.

ORDRE III-IIII

La complémentarité de ces deux êtres est totale. Chacun d’eux partagent naturellement réceptivité et activité. Cette relation s’inscrit dans une volonté de partage ou, aucun ne tente de dominer l’autre. Ce sont deux forces tranquilles, travaillant ensemble à créer l’état de conscience.

ORDRE IIII-III

Dans cet ordre, ils se tournent le dos. L’Empereur se focalise sur les biens matériels, son esprit n’est axé que sur son pouvoir qu’il souhaite étendre, voir grandir. Son regard, tourné vers le néant symbolise son absence de but, son immobilisme est total. L’Impératrice, quant à elle, ne peut s’appuyer sur la stabilité de L’Empereur, elle se perd, balayant toutes projections positives. Sa créativité légendaire est à l’arrêt, son énergie a totalement disparu, elle a besoin d’une figure qui l’admire, la guide et ne trouve pas en ce duo formé avec l’Empereur le réceptacle de sa créativité infinie.

LES AUTRES COUPLES DE L’IMPERATRICE

L’IMPERATRICE ET LE CHARIOT

ORDRE III-VII

L’Impératrice, symbolisant l’éclatement créatif et Le Chariot, archétype de l’action dans le monde, se rejoignent ici et créent un couple doté d’une force énergique incommensurable. Cependant, une différence fondamentale les oppose et risque de précipiter ce couple dans d’intenses conflits de pouvoir. En effet, l’action initiée par L’Impératrice est profondément personnelle tandis que la vocation du Chariot est d’étendre son action au reste du monde.

ORDRE VII-III

Les deux personnages de ce couple sont profondément indépendants ; Le Chariot œuvre de son côté à étendre son action au monde, cherchant de nouvelles possibilités, de nouveaux horizons. L’Impératrice, elle, continue de créer en son centre. Ce couple, chacun centré sur des activités personnelles ne se voit que très peu, malgré l’entente et le respect qui le caractérise.

L’IMPERATRICE ET L’HERMITE

ORDRE III-VIIII

L’Hermite est comme un père pour l’Impératrice, il lui montre le chemin, l’éclaire de sa lumière bienveillante ; au contraire, L’Impératrice est pour lui une bouffée d’oxygène, chargée de beauté et de jeunesse. Elle le réveille de son apathie sexuelle. C’est une relation ou chacun se grandit, s’aidant mutuellement à dépasser les difficultés de leurs conditions.

ORDRE VIIII-III

Ce couple représente la différence. Elle, pleine de fougue et étincelante de son énergie créative fait ses premiers pas dans le monde tandis que lui s’éclaire de ses connaissances longuement acquises pour se retirer, faisant route sur le dernier chemin avant d’amorcer sa fin de cycle. Que font-ils ensemble ? Leurs différences fondamentales les unissent, chacun respectant l’autre et lui apportant la force qu’il a besoin à la réalisation de ses désirs. Métaphoriquement, cette allégorie pourrait symboliser un couple uni par de grandes faiblesses psychologiques, voire de dépendances destructrices (drogue, alcool, …). Leur chemin commun, à première vue, est un non-sens, mais ensemble, ils y vont, se rassurent et se soutiennent.

L’IMPERATRICE ET LE SOLEIL

ORDRE III-XVIIII

Le soleil déploie son énergie solaire à toute l’humanité et élève notre Impératrice, fougueuse, animée d’une créativité sans limites, au rang de disciple spirituelle. Au contact de l’astre solaire, L’Impératrice comprend qu’elle n’est pas maîtresse de l’énergie qui la caractérise mais que c’est Le Soleil qui la lui insuffle. Ses créations deviennent lumineuses, elle les partage au reste du monde, en accord avec le soleil qui offre sa chaleur énergétique à l’ensemble de l’humanité.

ORDRE XVIIII-III

L’Impératrice se fait possessive et voudrait conserver pour elle seule l’énergie et les connaissances diffusés par l’astre cosmique. Si ce désir s’ancre dans le réel, L’Impératrice s’enfermerait dans un rôle de second rang, n’étant plus que la fervente disciple du Soleil. Cette situation pourrait malgré tout la révéler et faire rebondir sa créativité.

LES AUTRES COUPLES DE L’EMPEREUR

L’EMPEREUR ET LA JUSTICE

ORDRE IIII-VIII

Ce duo symbolise le pouvoir ; La Justice incarne la perfection de la partie ciel de la première série décimale des arcanes majeurs, elle est dotée d’une force spirituelle et intellectuelle infinie, elle érige les lois et les fait appliquer. L’Empereur, lui, représente la perfection, la stabilité du carré terre, il détient déjà le pouvoir sur son royaume. A eux deux, ils forment l’accord parfait entre perfection matérielle et perfection spirituelle : La Justice érige les lois et L’Empereur les soumet à son domaine.

ORDRE VIII-IIII

L’Empereur, fort de son pouvoir, entend soumettre La Justice, il veut la contrôler et qu’elle devienne son instrument de rationalisation. La Justice, forte de caractère et supérieure spirituellement ne peut se résoudre à cette domination ; le couple entre en crise, crise pouvant conduire à leur rupture. Ce conflit peut malgré tout permettre à L’Empereur de se repositionner quant à son élévation spirituelle et ainsi, recréer la communication entre ces deux personnages.

L’EMPEREUR ET L’ETOILE

ORDRE IIII-XVII

L’Empereur est le catalyseur de l’énergie de l’Etoile, il la diffusera sur le monde, trouvant maintes manières de la faire rayonner de son puissant éclat. L’Etoile trouve, en la figure de l’Empereur, l’orateur indispensable afin de propager ses connaissances à l’ensemble du monde. Ce couple est basé sur la communication et la confiance ; ensemble, nos deux entités peuvent continuer leurs évolutions personnelles.

ORDRE XVII-IIII

Ici, l’Empereur  voudrait diriger La Lune, il souhaiterait que celle-ci ne brille que pour lui, il veut la dompter. Le caractère indépendant de La Lune ne peut se soumettre à cet état d’avilissement : elle diffuse les valeurs du partage universel. Si La Lune, malgré tout, accepte cette relation ancrée dans la jalousie et la possessivité, elle pourrait cependant trouver la protection tant attendue de la part de L’Empereur.

L’EMPEREUR ET LA LUNE

ORDRE IIII-XVIII

La Lune insuffle un soupçon d’originalité et de folie douce à l’Empereur, lui ,ancré dans la stabilité matérielle, profondément rigide. Au contraire, La Lune, soumise à de potentiels tourments psychiques, trouve en l’Empereur le principe de réalité, lui permettant de contenir les virages sinueux de son esprit dans un long fleuve nourricier. Elle peut ainsi rationaliser ses créations. Ce couple nous évoque deux artistes s’aidant mutuellement à se réaliser, chacun insufflant à l’autre son histoire créative.

ORDRE XVIII-IIII

Dans ce couple, il n’est point question d’équilibre. L’esprit de l’Empereur à épongé celui de la Lune, le propulsant dans un état de non-réalité, très éloigné de ses conceptions fondamentales. Cette allégorie pourrait représenter un couple ne se lassant pas de procréer sans se questionner sur les valeurs matérielles indispensables à cette action. Cependant, la Lune, changeante, peut jouer le rôle de la mère, considérer l’Empereur comme l’un de ses nombreux enfants et , de ce fait, répondre au principe de réalité, tant éloigné de ses inspirations primaires.

LA RELATION DE COUPLE LE CHARIOT-L’ETOILE

Le Chariot représente l’action dans le monde, cet arcane est illustré par un prince menant un chariot, tiré par deux chevaux symbolisant le principe féminin et le principe masculin. Le Chariot étend son action au monde, les étoiles qui illuminent son ciel illustrant cette interprétation. Les connaissances qu’il entend retransmettre par le biais de son action à la terre lui viennent de la voute stellaire : il est le prince du cosmos, vouant son énergie à disséminer les enseignements cosmologiques. La Lune, elle, représente une femme nue ensemençant la terre d’un liquide nourricier. Celle-ci est profondément réceptive, sa nudité symbolise son détachement infini au monde matériel. Cependant, elle insémine la conscience stellaire aux forces terrestres ;  les vases communicants qu’elle tient dans ses mains en étant l’exacte métaphore. Ces deux arcanes sont très proches, de par leurs symboliques, mais aussi par leurs désirs d’actions. Ensembles, c’est la consécration de l’action universelle, de l’ouverture à la conscience cosmique, chacun travaillant de manière différente, le but de chacun étant cependant  intrinsèquement relié à celui de l’autre.

ORDRE VII-XVII

Le Chariot incite l’étoile à se joindre à lui, à sortir de son cadre et à partir à l’aventure du monde. L’Etoile sort de son autel, du lieu qu’elle s‘est choisie pour briller et ensemencer la terre de ses approfondissements cosmologiques ; elle rejoint Le Chariot et, à eux deux, ils partent à la conquête du monde, à la recherche de sa plus haute dimension universelle.

ORDRE XVII-VII

Ici, Le Chariot laisse la première place à la Lune, il arrête sa fougueuse monture, prête à conquérir le monde, et part rejoindre l’Etoile, agenouillée sur le sol de cette terre, symbole de tous les tourments mais aussi de tous les plaisirs. L’action se fait plus discrète, plus spirituelle, celle-ci prendra essor sur le territoire de L’Etoile. Il n’est plus question d’activité dans cette configuration ; c’est l’illustration parfaite du don de soi, s’appuyant sur une humilité d’une pureté infinie.

LES AUTRES COUPLES DU CHARIOT

LE CHARIOT ET LA JUSTICE

ORDRE VII-VIII

Dans cet ordre, La Justice se positionne telle une mère donnant tous les pouvoirs à son fils, incarné par le prince du Chariot. Quoi qu’il fasse, elle le soutient, La Justice se perd quelque peu dans cette relation, elle échappe à son devoir d’impartialité. Elle lui transmet sa force, sa puissance en lui léguant son épée, symbole de son haut statut. La Justice s’écarte de son équilibre légendaire, perdant de vue ses obligations et s’amusant de l’intérêt des actions que peut vouloir mener le Chariot. Elle respire, vit, telle une adolescente insouciante et inapte à l’intégration de la réalité et de la dangerosité des actions menées.

ORDRE VIII-VII

La Justice, ici, se positionne en mère ; elle contrôle toutes les actions initiés par le Chariot, elle en est le juge, elle fait l’équilibre de tout. Le Chariot perd ainsi sa capacité propre d’action, il est l’instrument de conquête du monde de la Justice. Lui, pensant avoir trouvé la mère cosmique ne s’oppose pas à elle et dissémine au monde les actions pensées par la Justice.

LE CHARIOT ET LA LUNE

ORDRE VII-XVIII

Ce duo représente la rencontre entre l’action pure dont la volonté est de s’étendre au monde, et la réceptivité incommensurable de la Lune, projetant sur terre les réalités cosmologiques. Dans cette allégorie, la conquête du prince du Chariot n’est plus personnelle. La Lune lui a légué tous les attributs de sa condition : intuition, réceptivité, amour, partage et sincérité. Le prince prend conscience que, seul, la conquête ne mène à rien. Il grandit au contact de l’astre stellaire tandis que La Lune sort de l’ombre, se dévoile entièrement à la face du monde dans sa plus humble vérité.

ORDRE XVIII-VII

Le Chariot tombe littéralement sous le charme de cette femme, dotée de toutes les qualités qui le font vibrer, il délaisse sa conquête du monde pour ne se consacrer qu’à la conquérir, mais, celle-ci étant une forme cosmologique, son infinité se répercutant dans les dimensions spatio-temporelles de l’univers, nous pourrions qualifier la quête du Chariot comme vaine. En effet, La Lune est secrète, chargée de mysticisme et tellement infinie que le Chariot ne pourra jamais découvrir les milliers de facettes de la mère cosmique. Le prince pourrait se perdre et avancer sur les chemins de la folie. Dans la réalité, cette allégorie pourrait représenter un homme éperdument amoureux d’une femme bien plus mâture, bien plus supérieure à tous les niveaux d’élévation, se perdant dans la dépendance toxicomane pour oublier les souffrances de son cœur.

LES AUTRES COUPLES DE L’ETOILE

L’ETOILE ET L’HERMITE

ORDRE VIIII-XVII

Ce duo représente deux êtres hautement spirituels. L’Hermite marche à reculons vers l’étoile, se rapprochant de la nature ; grâce à elle, il peut déverser ses connaissances au monde et sortir de la solitude dans laquelle il s’enferme. L’Etoile trouve en L’Hermite le contact avec la matérialité, les forces terrestres qui lui font cruellement défaut. Ensemble, ils s’encensent et se nourrissent de leurs connaissances et de leurs expériences spirituelles afin d’ouvrir l’ultime portion du chemin à parcourir vers l’illumination cosmique.

ODRE XVII-VIIII

L’Hermite, dans cet ordre, se substitue à l’Etoile. Il initie l’action, mettant l’Etoile en proie à de grands questionnements quant à son utilité et le devoir qu’elle a de propager ses connaissances spirituelles. L’Etoile se perd, son éclat se terni, réagissant ainsi à l’envol de son pouvoir.

L’ETOILE ET LE SOLEIL

ORDRE XVII-XVIIII

Ce couple représente deux entités astrales, profondément spirituelles et complémentaires. Le Soleil, lui, grâce à la chaleur et à  l’énergie créatrice incommensurable qu’il dégage, affiche son côté actif. L’étoile, guidant de sa lumière les êtres dans la noirceur de la nuit, se réalise dans la réceptivité la plus totale. Le couple est équilibré, chacun a trouvé un partenaire à son niveau. Ce duo tisse ses liens dans le désir de faire rayonner l’amour universel et la paix, à l’intégralité de l’humanité.

ORDRE XVIIII-XVII

Le Soleil, dans cet ordre, se laisse totalement dirigé par L’Etoile, celle-ci s’affichant comme une fille possessive et jalouse. Elle souhaite que le Soleil ne brille que pour elle, privant l’humanité des richesses du père cosmique. Le Soleil, paternaliste, se soumet aux caprices de cette dernière et se renferme, ne léguant son énergie uniquement à elle. Ils vivent séparés du monde, leurs lumières s’éteignent petit à petit.

LA RELATION DE COUPLE LA JUSTICE-L’HERMITE

La Justice incarne la perfection de la première série décimale. Elle nous regarde droit dans les yeux, elle n’est en aucun point lâche. Elle dicte les lois et entend que celles-ci soient respectées. Le petit cercle sur sa coiffe est son troisième œil, reliant sa vision terrestre avec sa vision spirituelle. Sur son vêtement, la présence de neuf triangles nous rappelle l’Hermine, symbole de son appartenance royale. Elle tient sa noblesse de la pureté de son esprit et de ses actions justes et mesurées. Son épée bleue indique que si elle se met en guerre, elle partira, galopant sur les infinies connaissances de son esprit, menant le combat sans violence, sûre des capacités de son cœur.

L’Hermite représente la crise finale. Il quitte le stade de perfection résultant du degré inférieur, met son corps dans la froideur de la nuit, simplement éclairé de la lampes de ses connaissances. Il est profondément réceptif, en témoignent les deux petites lunes sur son cou et dans le repli de son habit. L’Hermite se retire, attendant la fin du cycle qui le conduira à l’état tant désiré de réalisation totale. Il est arrivé au bout de son chemin, se défaisant de toutes ses attaches, il n’appartient plus à ses propres pensées. Il a vaincu ses passions, vivant dans son cœur. Il incarne un être ayant accompli sa tâche, offrant sa réceptivité totale aux dimensions infinies de l’univers.

ORDRE VIII-VIIII

Dans cette position, l’Hermite influe à La Justice, symbole de la perfection, un nouveau point de vue, la laissant entrevoir une possibilité de changement interne, la libérant ainsi de la rigidité psychique qui lui est propre. Un équilibre naît entre ces deux êtres, chacun apportant à l’autre les valeurs manquantes à l’approfondissement de la conscience. Ils forment un couple parental, tous les autres êtres et créatures étant métaphoriquement leurs enfants. Le compromis prend naissance, la Justice se fait plus tolérante, plus humaine.

ORDRE VIIII-VIII

Dans cette configuration, La Justice se montre intransigeante, austère, sans cœur. Son esprit est ici totalement détaché de la complexité de l’âme humaine. Elle ne coopère aucunement avec l’Hermite, lui qui pourtant essaie de lui inspirer de nouvelles valeurs spirituelles. L’Hermite n’a plus de but, il se renferme dans la solitude, mais cette fois-ci, il s’agit d’une solitude non choisie. La Justice se fait négative, le dialogue commun est définitivement bloqué, en témoigne l’épée qu’elle brandit, la séparant inexorablement du Pape.

LES AUTRES COUPLES DE LA JUSTICE

LA JUSTICE ET LE SOLEIL

ORDRE VIII-XVIIII

Ce duo symbolise la conscience éveillée, resplendissant ses connaissances sur le monde, dans un désir de paix et de joie universelle. La lourde responsabilité de juger, incarnée par La Justice, s’adoucit, le Soleil l’aidant à prendre uniquement des décisions justes et éclairées par la conscience divine. Le Soleil, supérieur spirituellement à La Justice, la guidera par sa clairvoyance ; en retour, La Justice lui permettra de favoriser de grands changements dans le monde.

ORDRE XVIIII-VIII

Dans cet ordre, l’intolérance est au premier plan. Chacun veut dominer l’autre, refusant d’admettre le principe de potentielles vérités à extraire des différences criantes. Le Soleil caresse le désir de rayonner seul, il fait fi des connaissances spirituelles et intellectuelles de La Justice, il voudrait la voir se réincarner en La Lune, la mère cosmique parfaite, son alter égo. Il ne sait malheureusement pas se nourrir des différences pour grandir. Parallèlement, La Justice ne tolère pas son infériorité spirituelle, ceci l’empêchant d’absorber l’enseignement divin du Soleil.

LES AUTRES COUPLES DE L’HERMITE

L’HERMITE ET LA LUNE

ORDRE VIIII-XVIII

Chacun trouve ici son alter égo spirituel, c’est la reconnaissance totale.  La lampe dont s’éclaire l’Hermite est le reflet que lui envoie la Lune de l’univers. La compréhension est infinie, chacun dispensant l’enseignement de l’autre et s’auto-enrichissant. Cette allégorie pourrait représenter deux artistes entrant en communion artistique, se grandissant l’un l’autre de leurs théories et pratiques passées.

ORDRE XVIII-VIIII

Dans cette position, la lumière est trop faible pour mener ce couple sur le chemin de l’osmose spirituelle. La Lune a sombré dans les tourments de son esprit, la faisant flirter avec la folie. L’Hermite, tel un étranger, est incapable de l’éclairer afin que resplendisse son état bienveillant, brillant de par sa nature cosmique. Ce duo pourrait représenter un couple perdu, se noyant dans la drogue ou l’alcool pour calmer leurs souffrances.

LA RELATION DE COUPLE LA LUNE-LE SOLEIL

Le Soleil représente le père cosmique, énergie essentielle aux principes fondamentaux de vie. Dans la culture Maya ou encore dans celle de l’Egypte antique, l’astre solaire est élevé au rang de divinité. C’est lui qui fait pousser les cultures, chauffe les êtres. C’est le dieu de la nature, sans lui, la vie est impossible car nous nous retrouverions dans l’obscurité la plus totale, dans un froid inconnu jusque-là.

La Lune est la mère cosmique. Elle régit les marées, les forces océanes et influe sur la nuit, les cultures, la floraison. Ces deux astres forment un couple inséparable, ils ne sont rien l’un sans l’autre, ils sont les forces cosmiques créatrices, initiant la vie.

Dans les illustrations de leurs arcanes correspondants, les représentations présentent de grandes similarités. Les astres rayonnent et dispersent sur le monde des gouttelettes multicolores, métaphore des particules énergétiques que ces deux entités déploient sur la terre. La Lune inonde de son énergie des animaux, représentatifs de l’animalité, des forces terrestres et matérielles tandis que le Soleil dispense ces gouttes sur deux enfants symbolisant l’être à la découverte des joies de la connaissance spirituelle.

Dans la lecture tarologique, ces cartes nous renvoient souvent au père ou à la mère parfaite, idéalisés et recherchés dans la quête amoureuse du /de la consultant(e).  Cette dernière, idéalisant un père  réellement « parfait » ou bien absent dans l’enfance à tel point qu’il a été idéalisé, recherche un homme répondant aux qualités du Soleil. Il en est de même pour La Lune se parant des attributs de la mère idéale.

ORDRE XVIIII-XVIII

Dans cette position, Le Soleil est du côté réceptif tandis que La Lune se situe du côté actif ; les rôles fondamentaux de chacune de nos entités sont inversés. Cette allégorie pourrait représenter un couple ou la femme prend la place de l’homme et inversement, ceci pouvant conduire à un déséquilibre psychique. En prendre conscience pourrait être la première étape de la remise en question nécessaire quant à ce déplacement de valeurs fondamentales.

LES PAIRES QUI FONT 21

ONZE CHEMINS DE REALISATION

Nous allons étudier ici les onze paires dont la somme de leurs arcanes est égale au chiffre 21, symbolisé dans le tarot par l’arcane Le Monde. Le Monde est l’archétype de la réalisation complète, il est le symbole de la fin du cycle de vie. Le travail du jeu de tarot,ainsi que son intérêt premier est de nous ouvrir la voie à l’épanouissement total en imageant les situations de notre vie, primordiales à cette évolution constante menant à la fin du cycle. Pouvons -nous ériger un pont entre ces paires d’arcanes et la réalisation complète initiée par la carte XXI Le Monde ? Quelles énergies ces cartes dispensent-elles pour nous propulser dans cet état de réalisation complète ?

Nous analyserons donc les onze combinaisons suivantes, symboles des onze chemins de réalisation possible :

-        Le mat-XXI Le Monde

-        I Le Bateleur-XX Le Jugement

-        II La Papesse-XVIIII Le Soleil

-        III L’Impératrice-XVIII La Lune

-        IIII L’Empereur-XVII L’Etoile

-        V Le Pape-XVI La Maison Dieu

-        VI L’Amoureux-XV Le Diable

-        VII LE Chariot-XIIII Tempérance

-        VIII La Justice-XIII L’Arcane sans nom

-        VIIII L’Hermite-XII Le Pendu

-        X La Roue de Fortune-XI La Force

LE MAT-XXI LE MONDE

Le Mat représente un homme, marchant d’un pas décidé du côté actif. Le bâton ainsi que le baluchon qu’il porte sur l’épaule témoignent qu’il entreprend un long chemin. Le chien s’accrochant à sa jambe symbolise son besoin de s’écarter des forces terrestres, de l’animalité de son être pour tenter de percer les mystères de l’esprit, de la spiritualité menant à la conscience infinie. Le Mat est l’initiateur, c’est le premier à se mettre sur le chemin de la grande réalisation. Il insuffle une énergie sans limites, totalement vierge. Le Monde, lui, est illustré par une femme dans un ovale de laurier bleu, immensément réceptive, son regard tourné vers la gauche. Elle regarde Le Mat et lui donne la force et le courage de continuer le chemin entrepris, malgré les nombreuses barrières qui pourront se dresser devant lui. Les quatre animaux représentés sur cette carte témoignent de la maîtrise des quatre forces essentielles à l’humain pour atteindre cet état de grande réalisation : matérialité, émotion, intelligence et spiritualité. Ces deux cartes, tels des vases communicants, échangent une énergie d’une puissance inouïe. Ils s’influent mutuellement cette énergie fondamentale, propice à faire de la vie, symbolisée par le chemin à parcourir, une grande œuvre, un don d’amour constant.

I LE BATELEUR-XX LE JUGEMENT

Le Bateleur, magicien disposant ses objets, ses outils sur la table de la vie représente la quête d’élévation spirituelle. La pièce jaune qu’il tient dans sa main est le symbole de son attache aux nécessités matérielles. Il accumule de l’énergie, voulant transformer son activité à venir en une action propre à développer sa conscience. Le couple formé avec l’arcane XX Le Jugement est la rencontre entre ce magicien vertueux, désirant s’élever au plus haut degré, et la conscience spirituelle incarnée par Le Jugement. Leur coopération est magistrale ; le Bateleur cherchant un guide spirituel menant à son évolution spirituelle et le Jugement rencontrant enfin son disciple.

II LA PAPESSE-XVIIII LE SOLEIL

La Papesse, représentée dans un cloître, accumulant ses connaissances spirituelles trouve avec Le Soleil l’illumination cosmique lui permettant d’irradier enfin ses connaissances au monde. L’œuf qu’elle couve, symbole de son savoir divin peut enfin éclore et laisser éclater l’enseignement  supérieur que son statut lui confère. Pour l’astre solaire, La Papesse symbolise la virginité, pureté nécessaire pour que le rayonnement spirituel qu’il apporte puisse prendre vie, grandir et exploser de sa pureté originelle. Cette combinaison pourrait représenter, dans la vie réelle, un artiste rencontrant enfin le succès, grâce à l’action formatrice et bienveillante du Soleil.

III L’IMPERATRICE-XVIII LA LUNE

L’Impératrice représente l’énergie créative infinie, elle est profondément active. La Lune, quant à elle, est la réceptivité incarnée. Ensemble, c’est le principe féminin dans sa totalité qui explose ; l’Impératrice est le réceptacle dans lequel La Lune va enfin pouvoir diffuser son énergie et ses connaissances stellaires. L’Impératrice, femme guerrière à la sexualité affirmée, presque masculine, trouve en La Lune les attributs féminins manquant à son équilibre et à son élévation. Dotée de patience, d’intuition et de douceur, elle peut enfin laisser éclater la femme accomplie qu’elle est devenue. Parallèlement, La Lune goute à l’excitation que génère l’action, celle-ci ouvrant la porte à la réalité et éloignant définitivement La Lune des sombres méandres de son esprit.

IIII L’EMPEREUR-XVII L’ETOILE

L’Empereur, ambassadeur de la stabilité matérielle, telle les quatre murs de la maison, déploie son énergie à gouverner son domaine. Sa rencontre avec L’Etoile lui permet de prendre conscience de l’énergie supérieure cosmique, la spiritualité infinie nécessaire à son évolution. Enfin relié aux forces cosmiques, l’Empereur diffuse la paix universelle et les enseignements spirituels de l’Etoile sur le monde. L’Etoile, quant à elle, trouve une figure dans laquelle incarner son immense potentiel cosmique, sa générosité s’étend sur le monde par le spectre de l’Empereur. Celui-ci lui offre son territoire afin de rayonner, ouvrant le chemin de sa réalisation totale tandis qu’elle sacralise l’intégralité des actions de l’Empereur.

V LE PAPE-XVI LA MAISON DIEU

Le Pape, figure incarnant le divin, premier disciple des forces cosmiques profondément reliées à l’univers, reçoit de La Maison Dieu la fantaisie et la joie nécessaire permettant à son œuvre de trouver sa réalisation dans une grande souplesse éducative. Le Pape dispense à ses élèves l’enseignement spirituel mais il leur apprend aussi à chercher par eux-mêmes à être les acteurs de leurs propres vies. Le Pape, lui, permet à La Maison Dieu de rétablir la discipline dans son antre, la hiérarchie nécessaire à son expansion. La notion de divin est infiniment présente dans ce duo, chacun de ces arcanes en partageant les connaissances et les bénéfices qui lui sont attribués.

VI L’AMOUREUX-XV LE DIABLE

Ce duo est d’une grande complémentarité. L’arcane de l’Amoureux représente un jeune homme, entouré de femmes, en proie au questionnement affectif. Un ange se profile sur l’étendue humilité incarnée par le soleil blanc. Nous pouvons relier cet ange à Cupidon, ange de l’amour, par les flèches qu’il décoche de son arc. Cette carte, première de la partie ciel, symbolise les émotions amoureuses et passionnelles. Au contraire, l’arcane XV représente un diable androgyne, s’éclairant d’une torche, s’extrayant du magma terrestre et des conceptions profondément matérielles. Il symbolise la tentation et, plus précisément, la tentation sexuelle, en attestent ses parties génitales au centre exact de la carte, non, dissimulées. Si la carte de l’Amoureux représente l’amour innocent, cette carte du Diable pourrait représenter la découverte sexuelle ainsi que tous les chemins pervers qui prennent matière en elle. Nous pouvons analyser leur intrinsèque complémentarité de la manière suivante : l’un dispense la pureté de la conscience tandis que l’autre émet les influences des profondeurs de l’inconscient. Ensemble, ces arcanes déterminent un amour épanoui, répondant aux valeurs d’entente, de respect, de passion et de sexualité épanouie.

VII LE CHARIOT- XIIII TEMPERANCE

Le Chariot symbolise l’action dans le monde. Cette carte est illustrée par un prince, richement vêtu,  monté sur un char tiré par deux chevaux dont nous pouvons affirmer qu’ils sont la métaphore du principe féminin et du principe masculin. Le prince initie l’action dans le monde, il est prêt à la conquête et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Tempérance représente un ange. Tourné du coté réceptif de la carte, il influe au fougueux prince du Chariot, la protection, la douceur, le calme nécessaire à son action. Tempérance le couvre de sa sagesse transmise par le Divin. Parallèlement, Le Chariot, par sa volonté d’étendre l’action dans le monde trouve en la figure du Chariot le contenant de ses pensées, de son travail profond ; ainsi, la portée de l’action initiée par le Chariot ne peut être que divine.

VIII LA JUSTICE-XIII L’ARCANE SANS NOM

L a Justice incarne la perfection, elle est responsable de l’ordre régnant dans le monde mais sa perfection pourrait créer chez elle un immobilisme, conduisant toute l’essence de son être à la mort intellectuelle et spirituelle. L’Arcane sans nom et la révolution profonde qui le caractérise est salutaire à la Justice. Il lui insuffle l’idée d’amorcer des changements profonds à sa condition pour que celle-ci puisse continuer à rayonner de son statut. L’Arcane sans nom intime l’ordre à la Justice d’accepter les transformations, d’oser se moderniser pour ne pas devenir obsolète, faisant appliquer des lois d’un autre temps. La Justice, elle, met de l’ordre dans la révolution initiée par l’Arcane sans nom. Elle permet à l’Arcane sans nom de ne pas se perdre dans sa révolution mais d’en comprendre les tenants et les aboutissants afin que celle-ci rayonne de la scintillante lumière de la connaissance de soi.

IX - L’HERMITE-XII LE PENDU

L’Hermite symbolise la connaissance universelle. Il quitte son état de perfection et se lance à la conquête de la grande réalisation de soi ; il part, seul dans la nuit, s’éclairant de la lampe de ses connaissances passées. Il a passé sa vie à étudier, à prier mais le temps est venu pour lui de mettre ses théories en pratique pour réaliser sa fin de cycle. Le Pendu, lui, laisse ses connaissances derrière lui, sa conscience est éveillée, il est apte à l’élévation mais préfère, pour un temps, se retranche. La position qui le caractérise signifie qu’il se nourrit des forces terrestres pour accéder aux instances stellaires chargées d’une énergie spirituelle infinie.  Nous pourrions définir Le Pendu comme un être méditant, attendant le moment opportun pour bondir, s’extirper de ses liens et livrer ses connaissances pratiques à l’étendue du monde. Chacun de ces arcanes se reflètent dans l’autre : Le Pendu, riche de ses connaissances spirituelles les tient dans sa lampe, éclairant les profondeurs du magma terrestre, point de dispersion de son savoir à la surface de la terre. Les cheveux bleus du Pendu sont la métaphore de l’enrichissement de son esprit par les forces spirituelles venues des profondeurs terrestres. Cette allégorie pourrait représenter un médecin et son patient, s’enrichissant mutuellement de leurs connaissances et expériences, le médecin ramenant le patient à la santé et le malade, permettant au médecin de progresser dans son domaine de compétences.

X LA ROUE DE FORTUNE-XI LA FORCE

La roue de Fortune incarne la fin de cycle de la première série décimale. Cette carte est illustrée par une roue à l’arrêt, trois personnages la soutenant, l’empêchant de tomber et de se détruire. La fin du cycle évoquée par cette carte est un appel à une énergie salvatrice, permettant à cette roue de réamorcer son cycle vers la grande réalisation de soi. L’arcane qui lui succède est celle de  La Force,  elle est la représentation des forces créatives infinies : c’est un nouveau souffle, une nouvelle énergie, propre au développement du cheminement indispensable à l’élévation de soi. L’allégorie incarnée par ce couple est le dénouement d’un blocage : la Force vient insuffler l’énergie créative à La Roue de Fortune afin que celle-ci s’élève de son immobilisme asphyxiant et, par la présente, initie un nouveau cycle.  Ce peut être une entreprise en faillite changeant de dynamique commerciale afin de relancer son développement. Ce duo nous indique que la fin n’existe pas, elle est juste l’étape précédant le prochain commencement.

SUCCESSSION NUMERIQUE ET TRANSLATION

CLES POUR LA LECTURE DE DEUX CARTES

Il nous est évidemment impossible d’étudier la totalité des duos des arcanes majeurs mais, après l’aperçu donné tout au long de ce chapitre, nous allons maintenant essayer d’analyser comment les cartes  parlent entre elles, tout d’abord, en approfondissant les relations existantes entre les arcanes qui se suivent : XII et XIII, XV et XVI, et enfin XX et XXI.

Ensuite, nous étudierons la translation de symboles qui s’opère entre l’arcane XV Le Diable et l’arcane XVIIII Le Soleil. Cet essai à pour but d’inciter le lecteur a repérer les caractéristiques et détails similaires de chacune de ces cartes, afin de prendre profondément conscience de l’ensemble que forme le jeu de tarot ; nous ne pouvons tirer aucune interprétation juste d’une série de cartes en lisant linéairement leurs symboles. Le tarot est un tout ou rien n’est indissociable, tout se lie afin que la magie divinatoire du tarot puisse opérer.

Pour clore ce chapitre, nous interpréterons un exemple de trois cartes, puis de quatre, en gardant à l’esprit l’importance de la translation des symboles. Dans un premier temps, nous nous intéresserons donc au trio de cartes suivant : XVII-XVIII-XVIIII. Enfin, nous décomposerons l’arcane de l’Amoureux VI en trois personnages : I Le Bateleur-II La Papesse-III L’Impératrice.

DE LA RECEPTION VERS L’ACTION, DE L’ACTION VERS LA RECEPTION

XII LE PENDU-XIII L’ARCANE SANS NOM

Le Pendu représente l’arrêt de l’action dont le but est de se consacrer profondément à la méditation. Il s’inspire des forces terrestres pour trouver le chemin spirituel de son esprit, il se défait de ses connaissances passées, redevient vierge et se lance dans une quête infinie : celle de la conscience éveillée. L’Arcane sans nom est le symbole de la destruction. Il Laboure la terre ancienne, métaphore de son passé. Cette action est violente mais infiniment régénératrice. Les points communs de ces arcanes sont donc la révolution : celle du Pendu est interne tandis que le squelette de l’Arcane sans nom crache son désir d’élévation à la face du monde. Ces deux arcanes représentent la fin d’un état et le commencement d’un suivant, bien plus en accord avec l’esprit que le précédent.

XII-XIII. Dans cet ordre, Le Pendu, après une longue mais non moins formatrice méditation passe à l’action. Il s’incarne dans le squelette de l’Arcane sans nom  et détruit les liens du passé qui le figent, l’empêchent de se réaliser. Il ose enfin monter qui il est, c’est l’affirmation à l‘état pur.

XIII-XII. L’action menée par l’Arcane sans nom mène à l’état du Pendu, pieds et poings liés. L’action ne se produit pas ou elle est un échec, ceci menant à une grande frustration, voire à des comportements profondément négatifs (alcool, drogue, …)

XV LE DIABLE-XVI LA MAISON DIEU

Le Diable est attaché, debout sur un socle, présentant les attributs des deux sexes ; il est le symbole de la tentation. La Maison Dieu, quant à elle, représente une explosion de joie ;  l’esprit se libère, en témoigne la flamme s’échappant du toit de la tour de cet arcane. Ce duo symbolise la progression, celle d’un état de questionnement ou le personnage est attaché (Le Diable) à un état de grande libération, symbolisé par les personnages menant une danse, pareille à une transe chamanique, dans l’arcane La Maison Dieu. Ce duo incarne l’énergie remontée des profondeurs terrestres se transformant en une liesse stellaire.

XV-XVI.  Dans ce positionnement, c’est l’explosion qui est illustrée. Tout ce qui était enfoui ressort, c’est un état de grande libération interne que nous pourrions considérer également comme un état de purification totale. La créativité se libère, faisant fi des interrogations du passé.

XVI-XV. Ici, c’est l’exact contraire de la situation évoquée précédemment. L’esprit redescend dans l’inconscient, se rapproche des profondeurs terrestres ; c’est un retour à la matérialité. Ce duo peut représenter une grande passion amoureuse ou sexuelle, mais aussi une attache néfaste au passé.

XX - LE JUGEMENT-XXI LE MONDE

XX-XXI.  Ce duo positionné ainsi représente la réalisation totale. Toutes les valeurs fondamentales de l’humain, incarnées par les quatre animaux de l’arcane Le Monde, sont réalisées. Le Lion, symbole de l’énergie vitale, sexuelle, assouvit ses désirs et, dans la réalité, devient un héros. L’aigle, représentant l’intellect, va au bout de son apprentissage et brille par la finesse de son intelligence ; L’ange devient un saint dispensant son savoir à ses disciples et l’animal couleur chair monte en puissance et flirte avec la perfection cosmique.

XXI-XX. C’est l’archétype de la douleur, de la frustration et de la souffrance. La femme de l’arcane Le Monde regarde dans le vide, elle se détourne de l’ange appelant par son instrument de musique les humains à le rejoindre sur le chemin spirituel menant à la grande réalisation. L’allégorie de ce duo peut représenter, dans le monde réel, un accouchement difficile, un enfermement, l’absence totale de communication,… L’ange de l’arcane Le Jugement n’est pas écouté, ses paroles se disséminent dans le vent, n’aboutissant aucunement à l’esprit de l’arcane Le Monde. Les quatre souhaits de évoqués par cette carte, incarnés par les quatre animaux, ne peuvent se réaliser : la réalisation totale ne peut exister dans ce contexte profondément négatif.

TRANSLATION D’UNE SERIE DE SYMBOLES D’UN ARCANE A L’AUTRE

XV LE DIABLE-XVIIII LE SOLEIL

Ces deux arcanes, profondément contradictoires ont pourtant de nombreux points communs. Le Diable est attaché, debout, entièrement nu sur un socle. A ses côtés, nous apercevons un homme et une femme, tous deux affublés d’une queue de diable. Ces deux êtres ne peuvent agir, ils sont profondément ancrés dans les forces terrestres et, leurs mains sont cachées dans leurs dos, sont le  symbole de leur incapacité à agir, à se dévoiler, à , tout simplement, vivre. Ils sont attachés ensemble au Diable par une corde rouge leur enserrant le cou. Le diablotin qui se tient du côté réceptif porte trois points sur son flanc, nous pouvons associer ce personnage au principe féminin. Dans l’arcane Le Soleil, ou tout n’est que joie et liberté, nous retrouvons ces deux êtres. Ils sont libérés de leurs liens mais reste le stigmate de leur emprisonnement passé : la corde rouge se fait ici collier. Nous retrouvons également les trois points sur le flanc d’un des personnages de l’arcane Le Soleil. L’être féminin est le premier à traverser la rivière et aide le second, relatif au principe masculin à faire de même, ceci représentant la nécessité de l’homme à interagir avec sa part féminine, afin de se détacher des préoccupations terrestres et matérielles pouvant ralentir le processus d’élévation spirituelle. Cette allégorie est le symbole de l’entraide, indispensable pour que le succès de l’action menée soit totale. Le personnage masculin a malgré tout conservé dans l’illustration de l’arcane Le Soleil, sa queue de diable, ceci symbolisant que l’élévation est possible, en tenant compte des leçons et expériences du passé. Nous pouvons également noter les treize gouttelettes que dispense Le Soleil, évoquant la transformation érigée par l’Arcane sans nom. Le muret de l’arcane Le Soleil protège les enfants, métaphore de la séparation entre passé et présent. Il nous indique la nécessite de s’élever, de se détacher du passé pour aller vers une réalisation profondément lumineuse. Ce duo est la métaphore du parcours de vie des deux êtres communs à ces deux arcanes ; ils nous montrent le chemin à emprunter ouvrant la voie à la réalisation complète.

XVII L’ETOILE-XVIII LA LUNE-XVIIII LE SOLEIL

Nous pouvons noter, pour chacun de ces trois arcanes, la présence de l’eau. Dans l’Etoile, c’est une rivière ou une femme nue, agenouillée, profondément réceptive, ensemence la terre des connaissances que lui a légué le cosmos. Dans L’étendue d’eau de l’arcane La Lune , une écrevisse surdimensionnée , immobile, se reflète dans La mère cosmique. Elle ne suit pas le courant, elle veut bénéficier des connaissances spirituelles de la grande créatrice. L’eau est également matérialisée dans l’arcane Le Soleil par la rivière que traversent les enfants. Si nous étudions le sens du courant de l’eau de ces trois arcanes, nous pouvons de manière certaine placée la Lune entre L’étoile et Le Soleil ; nous nous trouvons en face d’une rivière dont le courant va vers la droite, du côté réceptif vers le côté actif. La femme nue de l’Etoile ensemence la rivière de spiritualité divine, à l’aide de ses deux vases communicants ; l’animal de La Lune stagne, prend force sous  elle, s’inséminant elle-même du savoir qu’elle incarne ; enfin, les deux enfants regagnent la berge, touchés par une conscience divine apporté par l’astre solaire, le père stellaire. Ces enfants, sous la bienveillance du père cosmique vivent au paradis, libérés des chaines qui les entravées ; ils sont protégés de la potentielle négativité passé par le muret en pierres.

L’Etoile initie le couple cosmique, représentatif du père et de la mère, sans qui l’action et l’élévation spirituelle sont inimaginables.

Dans les tirages ou ces trois cartes sortent au même moment, l’Etoile symbolisera le consultant ; si c’est un homme, cet arcane évoquera sa part féminine, réceptive, intuitive, artistique. Cependant, si on intervertit l’ordre des cartes, cela donnera :

XVII-XVIIII-XVIII

Ici, les rôles parentaux sont inversés : l’homme prend la place de la mère, enfantine, versatile et la femme s’octroie les attributs du père et devient envahissante, autoritaire, voire cruelle.

XVIII-XVIIII-XVII

L’Etoile tombe sous le charme cosmique du Soleil et de la Lune, elle ne peut dispenser son énergie vitale au couple stellaire. Elle n’est plus active, n’ensemence plus la terre de ses connaissances divines.

XVIII-XVII-XVIIII

L’étoile se confond avec le père cosmique et essaie de séduire La Lune dont elle devient l’amant, créant la discorde dans le couple universel, représenté par La Lune et Le Soleil.

XVIIII-XVII-XVIII

L’étoile prend la place de la mère cosmique et tombe dans une relation incestueuse avec Le Soleil.

I LE BATELEUR- II LA PAPESSE-L’IMPERATRICE, ET LEUR MIROIR : VI L’AMOUREUX

Le tarot est un tout. Autant il existe de langages pour communiquer, autant les arcanes du tarot nous content une histoire : celle de notre propre vie. Un arcane est une lettre, deux forment une syllabe, trois un mot, quatre une phrase et, plus, une histoire. Il y a autant de chemins de vie possibles que de combinaisons différentes d’arcanes. Pour arriver à une juste interprétation des cartes nous renseignant sur la complexité de nos vies, il faut arriver à décrypter les phrases qu’elles nous murmurent.

Le Bateleur à côté de La Papesse pourrait représenter un homme nourri d’une force secrète indispensable pour faire de cette action une œuvre inédite ; nous pouvons penser qu’il tient sa force des connaissances de La Papesse : il symboliserait donc l’œuf qu’elle couve. Ajoutons maintenant l’Impératrice, celle-ci évoquant l’éclatement créatif ;  l’action du Bateleur devient explosive. En additionnant les numéros de ces trois arcanes, nous obtenons le chiffre 6, celui de l’arcane l’Amoureux. Ce sera lui l’initiateur de la phrase de ce langage tarologique. En s’appuyant sur l’illustration de l’arcane VI l’Amoureux, représentant un homme entouré de deux femmes, nous pouvons de manière certaine placer Le Bateleur entre les deux arcanes, représentatifs du principe féminin, qui l’accompagnent dans ce trio : II La Papesse et III L’Impératrice.

En étudiant les arcanes, nous apercevons que les pieds de l’Amoureux et du Bateleur sont dans la même direction : chacun des pieds de nos personnages pointent dans deux directions opposées, ceci nous laissant à penser qu’ils acceptent les hésitations que leur confèrent leurs situations. Le Bateleur, initiant le tour de magie dépose ses objets sur la table, nous pouvons dire que son action relève d’influences cosmiques et mystiques ; cependant, la pièce jaune qu’il tient dans sa main évoque la matérialité, les préoccupations terrestres. Parallèlement, l’Amoureux se trouve également dans une position indécise : il est entouré de deux femmes mais ne sait laquelle choisir. Chacun de ces personnages s’interrogent sur le chemin à prendre. Regardons attentivement l’arcane de l’Amoureux et analysons la position de chacune des femmes qui l’entourent. La femme de droite le retient par l’épaule et, conjointement, lui prête un appui. La couronne bleue qui orne sa tête nous ramène à La Papesse, riche de ses connaissances spirituelles. La femme à gauche du jeune homme touche d’une main le cœur de celui-ci tandis qu’elle se caresse le ventre avec l’autre. Cette allégorie représente l’énergie sexuelle, le désir intense de féconder. Nous pouvons donc penser que cette seconde femme est le reflet de l’Impératrice, appuyant sa main sur son ventre tel le spectre sur son pubis dans l’illustration de son arcane.

Les trois personnages se retrouvent donc dans l’arcane l’Amoureux, unissant passé, présent et futur, s’enrichissant de leurs différences dans une étonnante et sereine complémentarité.

Echangeons maintenant les places de chacun de ces arcanes majeurs : si nous les analysons dans le sens I-II-III, il n’y a aucune communication entre les personnages. Dans le sens II-I-III, Le Bateleur essaie de créer un dialogue inutile entre l’Impératrice et La Papesse. Pour que la magie de la lecture tarologique opère, nous devons lire III-I-II afin que le dialogue entre les personnages soit ouvert et cohérent. Etrangement, nous pouvons noter que cet ordre n’est pas la reproduction exacte des personnages de l’arcane l’Amoureux mais son miroir, identique à la conception profonde du tarot.

CONCLUSION

L’utilité du jeu de tarot est de mieux se comprendre, pénétrer au plus profond de soi afin de faire rejaillir l’étincelle de la conscience. En ce sens, les arcanes sont les projections de nos vies, ses moments de joies, ses douleurs, ses doutes. Le tarot, s’ il nous permet de mieux nous comprendre permet aussi d’appréhender les autres, être tolérant vis-à-vis de leurs souffrances, de leurs interrogations. Nous pourrions comparer chaque être à un arcane, perpétuellement en devenir : l’arcane représente une situation, un nœud se matérialisant dans le passé, le présent ou le futur. Les arcanes ne sont que les projections de nous -même, ils sont remplis des jugements que nous imposons à nous et aux autres : par exemple, de manière récurrente, quand nous posons un jugement sur autrui, celui-ci n’est que le reflet de notre être, correspondant à notre réalité, dépendant de notre éducation, de notre culture, de nos croyances religieuses, de notre passé,… dans un instant T. Le monde est en perpétuelle mutation, rien n’est figé, les créatures terrestres évoluent continuellement, s’adaptant à leur milieu en proie au changement constant qui le caractérise. Nous devons accepter, nous aussi, de changer, de ne pas rester figé dans la peur, les doutes, une situation négative, sans quoi nous courrons à notre perte. La prise de risques est essentielle à notre équilibre : rester dans une situation professionnelle ne nous convenant pas génère l’ennui, puis la frustration et, enfin, la colère. Le tarot nous permet de mettre en valeurs les situations nuisibles à notre épanouissement et nous pousse sur la voie du changement. Il éveille notre conscience éteinte par les projections faites par notre famille, la société,… Seule une conscience éveillée peut amorcer un changement de vie, cela inclue bien sûr de faire preuve d’honnêteté envers soi-même, de se défaire des jugements d’autrui afin d’avancer, de rallumer la mèche de la lampe de notre esprit, celle-ci ne demandant qu’à brûler pour ouvrir le chemin de la vie véritable, de son essence originelle.

Tout tarologue doit savoir se détacher de son propre jugement, de sa vie, pour refléter celle du consultant, en ignorant toutes notions de sympathie ou d’antipathie à son égard. En effet, seul un profond respect pour le consultant peut faire éclore une conscience nouvelle, lui permettant de trouver les clefs nécessaires à sa réalisation. Le tarologue doit se défaire profondément de son identité, oublier ses valeurs, sa nationalité, sa famille, afin de n’être plus que le réceptacle de l’esprit du consultant. Il doit se détourner complètement de sa réalité et en faire de même vis-à-vis de l’être en face de lui, qui le questionne. Nous ne sommes pas des êtres définissables par une suite de qualités ou de défauts, celui que nous avons été hier n’est pas celui que nous sommes aujourd’hui. Soyons humbles envers nous-mêmes et définissons nous comme des êtres appartenant au cosmos, dégageons nous de la vision pessimiste que nous avons de nous et de la vie ; osons enfin être qui nous sommes aujourd’hui, pour mieux devenir demain.

Le jeu de tarot ne peut être assimilé à de la voyance, il est encore moins une science exacte, aucun tarologue ne peut se targuer de dire la vérité, car la vérité est une notion inexistante, une hérésie, chacun possédant la sienne ; il y a autant de vérités différentes que d’êtres différents. Le tarologue lit les interprétations des arcanes, dans un premier temps, sans comprendre. L’abondance d’informations récoltées par le tarologue à la lecture du tirage fait que le consultant se rapproche de la connaissance, il y voit plus clair, rentre dans les profondeurs de son esprit et extrait lui-même la réponse à sa question.

Le tarologue n’est donc qu’un outil de lecture, il ne connaît pas la généalogie du consultant, ni les valeurs de l’éducation qu’il a reçu,… Il ne peut émettre un jugement quant à la vie du consultant, il ne le connaît pas et se doit donc de toujours mettre en exergue la positivité que lui livre la lectures des arcanes ; ces interprétations ne sont que subjectives et, en aucun cas, il est utile d’inquiéter le consultant  quant à la positivité ou la négativité d’une situation soulevée par la lecture du tarot. Fouiller dans la souffrance de notre inconscient nous conduit à nous imprégner de la souffrance de l’humanité ; au contraire, chercher les trésors ensevelis dans notre esprit nous ramène à la vie, nous plonge dans la lumière originelle et dégage cette énergie pacifique indispensable à ce pont qu’est la vie.

Le tarologue doit également prendre en compte le manque de conscience évident de ses consultants ; une personne qui ne s’est jamais ouvert à une autre culture, qui n’a jamais voyagé, qui a toujours fui l’échec potentiel en évitant de prendre des risques, se retranchant toujours derrière des opinions normatives ne peut être serein face à son inconscient : il l’appréhende comme un ennemi, capable de le sortir du chemin, quoique linéaire et potentiellement avilissant, qu’il s’est tracé. Il n’est pas capable de définir quelles sont ses opinions à lui, de s’extraire de la masse, de se détourner de l’éloge de la pensée unique, de la « normalité ». C’est pourquoi des questions, à première vue superficielle, méritent d’être approfondies, car le questionnement est bien plus profond que n’en parait l’énoncé. Prenons l’exemple d’une consultante qui se demande si elle doit aller chez le coiffeur se couper les cheveux courts. Cette question frivole est un réel questionnement vital ; elle utilise ses cheveux pour imager les changements vitaux qu’elle souhaite apporter à sa vie : ce n’est pas ses cheveux dont il est question, c’est quelque chose d’ immensément plus profond (séparation avec son compagnon, quitter son travail, , …). Si elle se demandait seulement si elle devait changer de coiffure, elle irait demander conseil à une amie. Cet exemple illustre infiniment son manque de conscience, son manque de connaissances qu’elle a vis-à-vis d’elle-même ; elle aspire à du changement mais, étant incapable de mettre le doigt sur ce qu’il y a à changé, elle reporte ce désir sur son apparence physique.  Chaque question est donc une occasion d’approfondir la découverte de nous-mêmes…

Nous ne pouvons faire une définition juste de l’autre, tant nous projetons une image artificielle de nous-mêmes : nous le limitons à notre niveau de conscience. L’autre est de mélange de lui, de nous et de ce que nous pensons être, les qualités et défauts que nous lui attribuons sont les nôtres. Tout jugement n’est qu’une conception de la pseudo-vérité que nous entretenons envers le monde et nous-mêmes. Nous ne pouvons dons en aucun cas mettre une étiquette sur l’autre , comme nous ne pouvons pas définir ce qui est bon et ce qui est mauvais. La subjectivité de la lecture des arcanes du jeu de tarot définit l’impermanence, cet état ou tout est en marche, prêt à avancer ou à sombrer, tel l’humain sur le chemin de sa vie.

La lecture de la signification des cartes nous indique un message, mais, il est erroné de croire que, pour chaque tirage, la signification sera la même. Si tout est impermanence, si tout l’univers change, évolue, se transforme, le tarologue, lui aussi , progresse, doit faire des ajustements ;  ainsi , chaque lecture est unique, propre à un moment présent, à un consultant et à un tarologue. L’objectif de cette subjectivité totale est de prendre conscience de l’impermanence de la vérité, de nous penser comme des êtres faisant partie intégrante de l’univers, d’accepter notre condition et de se détacher du besoin constant de vouloir tout rationnaliser pour enfin atteindre les hauteurs de la conscience divine. Le premier pas pour toucher cet état d’esprit éveillé, individuel, ou tout ce qui en est extrait correspond réellement à qui nous sommes passe par le chemin de la connaissance, il est primordial d’accepter notre situation d’ignorance et en faire le point de départ de notre étude personnelle, de s’unir avec notre dieu intérieur afin que la conscience et l’inconscient s’entrelacent et nous dévoilent enfin notre véritable identité.

Comment atteindre cet état de conscience, propre à toute grande réalisation ? L’information est le centre de la boussole nous y menant, l’information résultant de l’ensemble d’expériences d’une connaissance qui, inscrite dans le corps, se présente comme une demande de ce qui manque. Parallèlement, la souffrance est ignorance, elle le résultat d’un être ayant marché sur le chemin de la vie sans se questionner, sans se demander qui il est, ce qu’il désire, quels pourraient être les changements qui détermineraient l’élan vital , nécessaire à la grande réalisation, à l’épanouissement de son être. Tout être devrait prendre un moment dans sa vie, marquer une pause et se demander très simplement si la vie qu’il mène le rend heureux. Mon travail fait-il de moi une personne épanouie ? Suis-je encore amoureux de ma compagne ? Mes relations familiales m’apportent-elles écoute, soutien et protection ? Mon lieu de vie, ma maison, haut symbole de la vie matérielle, sont-ils à mon image ? Mes amis sont-ils sincères ? S’ils ne rendent pas ma vie heureuse, il est inutile de s’attacher à eux et il est temps de procéder à des changements fondamentaux. Il est essentiel de se comprendre, d’accepter nos ressentis afin de faire de nous une personne unique, détachée des codes normatifs, de ce que les autres voudraient que l’on soit. En effet, la personnalité se constitue en se fondant sur des comparaisons, disséminés dans notre esprit par les autres (notre famille, la société, nos instituteurs, …) mais également par nous-mêmes. Nous nous comparons en permanence aux autres : celle-ci est-elle plus jolie que moi ? Bien entendu, en se comparant aux figures de mode, extrêmement maquillées, dont les photos des magazines sont retravaillées de manière à approcher une perfection normative, il est bien difficile d’être compatissant avec nous-mêmes. Cette allégorie représente la comparaison entre réalité terrestre et irréalité construite. Depuis l’enfance, nous sommes le reflet de ce que les autres souhaiteraient que l’on soit ; nos parents transfèrent en nous  leurs propres ambitions personnelles : le parent qui n’a pu aller au bout de ses études de médecine aspirera a ce que son fils devienne médecin, sans entendre que celui-ci résonne d’une immense créativité artistique. Cette allégorie est très commune et, énoncée comme cela, semble facilement repérable, mais tous ces processus, aussi bien ceux de projection que ceux d’acceptation de celles-ci, sont dictés par un inconscient asphyxié, ne pouvant plus remonter l’information et les ressentis qui en découlent à la surface de l’esprit conscient. La comparaison est un outil majeur de destruction et commence dés le plus jeune âge : les parents comparent l’enfant avec ses autres frères et sœurs : celui-ci réussi mieux à l’école, ta sœur est plus jolie que toi, … Les enseignants sont également de grands facteurs de troubles de l’esprit, avec leur système de classement, rendant les copies des élèves de la meilleure jusqu’à la moins réussie, énonçant les notes à haute voix à l’ensemble de la classe… Dans ces conditions, l’enfant défini comme moins beau, moins bon élève, se dévalorise lui-même et, inconsciemment, devient un être conforme à ce que les autres pensent de lui : A quoi bon faire des efforts à l’école puisque je suis mauvais, moins intelligent que les autres ? Pourquoi devrais-je faire attention à mon image et mon corps puisque, de toute manière, je ne suis pas jolie et, par conséquent, je ne peux plaire à personne ? L’enfant devient alors un adulte respirant le manque de confiance en soi, il ne peut se réaliser, exploser de l’énergie propre à son être et entre dans un principe négatif d’autodénigrement perpétuel. Nous n’imaginons pas les désastres que peuvent produire de telles projections, de telles phrases, à première vue anodines, sur l’esprit encore vierge d’un enfant. Enfant qui deviendra adulte et qui vivra dans ses croyances négatives, impropres à lui-même, mais qui pourtant, à la suite d’un long travail d’autodestruction de l’esprit, deviendront siennes. Ce travail de destruction massive de l’esprit conduit bien évidemment à une névrose d’échec ou la personne se persuade que , quoi qu’elle fasse, elle n’est pas capable de le réaliser dans sa totalité, réflexion découlant du manque de confiance en elle, résultat du travail vicieux de la dévalorisation et de l’autodénigrement.

La lecture des arcanes peut dénouer le nœud créé par ces pensées négativistes, remonter aux prémices de cette destruction de la conscience et amener enfin le consultant à se poser les questions  inconscientes qui hantent son esprit, propres à le faire rebondir, à le sortir de cet état d’immobilisme et de cette dynamique destructrice, l’amenant enfin sur le chemin de sa réalité profonde. Cependant, la plupart des consultants en souffrance se mentent à eux-mêmes, refusant les interprétations que le tarologue dispense : ils sont dans la négation totale d’eux-mêmes. Plutôt qu’obtenir des solutions, ils veulent qu’on les écoutent, qu’on les plaignent. Bien qu’ils souffrent, ils affirment que tout va bien dans leur couple, que leur travail leur correspond, qu’ils sont entourés d’amis sincères, … Ils rejettent tout principe de changement, ils ne considèrent rien de ce que peuvent leur apprendre les arcanes comme vrai.  Le travail du tarologue est maintenant de contourner les négations, il doit garder à l’esprit que le consultant n’est pas lui-même dans sa profonde vérité ; il n’est que le miroir de ce que les autres ont projeté sur lui, de ce que sa culture lui a légué,… Il doit amener le consultant à réfléchir sur ce que la lecture de la signification des arcanes révèle. Le tarologue a initié le premier pas du consultant sur le chemin de la sa connaissance interne, c’est maintenant au consultant de faire le second : réfléchir, méditer et revenir pour mieux comprendre, dénouer les attaches du passé, se défaire des comportements et attitudes négatives envers lui-même et, enfin, selon son besoin, se tourner vers un psychanalyste pour se défaire de cette souffrance dévastatrice. Il est important de garder à l’esprit que le tarot ne soigne pas, il permet de poser le doigt sur des problématiques affectant la vie du consultant. C’est ensuite à lui d’initier le changement et de prendre la décision de travailler avec un médecin pour se libérer totalement de son marasme psychologique.

Les arcanes du jeu de tarot sont un tout et chacun d’entre eux présentent des détails communs, il est essentiel de chercher , lors d’une lecture, les ressemblances qui les unissent. Il ne faut pas confondre penser et croire, dévoiler des interprétations  pour ensuite en chercher les indices étayant cette thèse dans les arcanes. Il est essentiel de prendre en compte les particularités du consultant, puis enfin, choisir les interprétations qui conviennent à son état, pour ensuite aboutir à une conclusion  provisoire de celui-ci. Le tarologue ne doit en aucun cas devenir un conseiller, il initie la prise de conscience. Seul le consultant peut ensuite déterminer la manière dont il doit réagir. Le tarologue doit se défaire entièrement de son esprit pour laisser entendre celui du consultant, il doit devenir le miroir de l’autre et en aucun cas imposer sa vision, ne pouvant correspondre à celle du consultant. Il doit être le maître, initiant le disciple à l’ouverture de l’esprit, il doit rester neutre et se contenter d’être le réceptacle des vérités universelles de l’étendue du cosmos.

Le tarot nous inculque la compréhension, la compassion quant à la souffrance des autres, il nous permet de nous éveiller, de prendre conscience de notre infinie impermanence, de l’accepter comme tel et de l’utiliser à bon escient, de dépasser les souffrances qui nous immobilisent, faisant de nous des morts-vivants, pour que, finalement, demain soit le premier jour du reste de nos vies.